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 Sad night... (Oswald)

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MessageSujet: Sad night... (Oswald)   Mar 3 Oct - 18:27




Sad night
Ft. Oswald
 
Au fil de la vie, le chemin s’ouvre sur des visages nouveaux, des visages qui sont destinés à croiser notre chemin, à tel point qu’aucun d’entre eux ne réussit vraiment à nous toucher. Et, puis, un jour, on en rencontre un seul avec qui on ressent une connexion immédiate. Ce visage, cette personne, partageait ma vie depuis maintenant cinq années. Tout, pourtant, ne peut se partager : les souffrances et certaines expériences sont parfois impossibles à partager. Nietzsche écrirait que nous partageons le fait d’être vivants, de participer du mouvement de la vie, mais qu’être à la hauteur de cette vie exige de nous que nous nous singularisions au point de ne pouvoir tout partager. C’est justement ce que je n’arrivais pas à faire avec Oswald ou, plutôt, que je n’arrivais plus depuis ces derniers mois. Ce n’était pas sa faute, les choses n’étaient plus ce qu’elles étaient. J’étais différente. La femme qu’il avait épousée n’existait plus. Elle est morte le jour où le cœur de son bébé s’est arrêté…

Il est un temps où le regard se perd dans l’infinité des étoiles. Les souvenirs sont censés être nos forces mais lorsque la nuit revient, ils étaient mes faiblesses et il faut alors allumer les grandes dates comme on allume des flambeaux. Aujourd’hui serait l’anniversaire de notre petite fille… Alors qu’Oswald dormait paisiblement, je n’arrivais pas à trouver le sommeil, comme pratiquement chaque nuit. Je me levai et me dirigeai discrètement dans la cuisine pour prendre un somnifère. Mais, au lieu de cela, j’eus une bien meilleure idée. Et si je préparais un gâteau ! Même si Lily n’a que quatre mois et qu’elle ne peut pas encore croquer, un gâteau est une façon symbolique de fêter dignement un anniversaire. Quatre mois déjà, comme le temps passe vite ! Je me souviens encore lorsque nous l’avons ramené à la maison, que nous lui avons donné son premier biberon, son premier bain… Depuis son arrivée, Oswald et moi étions les parents les plus heureux du monde, nous étions tellement comblés.

Alors que je mélangeais la pâte, je m’aperçus qu’il manquait encore un peu de farine. Le nez dans le meuble haut, je pris ce qu’il me fallait mais j’entendis quelque chose se briser sur le sol. C’était une assiette *quelle maladroite*. Alors que je ramassai les morceaux de verre, j’entendis des bruits de pas et vis Oswald :

« Salut mon chéri ! Excuse-moi, je t’ai réveillé ? » L’embrassant d’abord, je repris, le sourire aux lèvres : « Comme je n’arrive pas à dormir, je suis en train de vous préparer une petite surprise pour toi et la petite. Au fait, j’espère que je ne l’ai pas réveillé elle aussi... Ça te dérange pas d’aller vérifier ? »

Belzébuth
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MessageSujet: Re: Sad night... (Oswald)   Mar 3 Oct - 20:47




Sad night
Emily & Oswald
Lily aurait eu quatre mois à présent. Il avait beau tout faire pour penser à autre chose, l’idée là, toujours ancrée au plus profond de lui. Il l’imaginait, toute petite encore, des yeux verts ouverts sur le monde, les mêmes que ceux de sa femme. Pourtant, elle n’était pas là, et sa chambre, juste à côté, demeurait close, comme un tabou qu’ils n’avaient pas encore le courage d’affronter. Il ignorait s’ils sauraient se relever de cette épreuve, mais faisait tout son possible pour les tenir debout, tous les deux. Emily ne lui avait pas encore souri depuis cet événement, du moins pas comme elle le faisait autrefois. Lui-même n’était plus la même personne. Il s’efforçait de se donner contenance, de cacher ses états d’âme du mieux qu’il le pouvait pour se concentrer à sauver son couple. Ils s’étaient jurés de s’aimer pour toujours, de se soutenir quelle que soit la situation, et il comptait bien tenir cette promesse. Sa femme, il l’aimait plus que tout, et il était déterminé à revoir son sourire, peu lui importait le temps que cela prenait.

Il avait du mal à trouver le sommeil, comme chaque nuit, et finissait toujours par tomber d’épuisement, sachant pertinemment que sa femme, elle non plus, ne dormait pas. Il la voyait se transformer, peu à peu, en cette étrangère qui l’effrayait. Elle était perdue, déboussolée, son monde s’était effondré autant que le sien, et aujourd’hui, c’était comme si elle survivait plus qu’elle ne vivait réellement. Ca le détruisait, ça les détruisait tous les deux. Leur couple ne tenait plus qu’à un fil, et pourtant, il y avait tant d’amour entre eux. On disait souvent que la mort d’un enfant était le chose la plus atroce qui puisse arriver dans la vie, et que cette perte pouvait déchirer deux personnes qui s’aimaient profondément, et c’était bien le cas.

Au milieu de la nuit, alors qu’il avait finalement réussi à trouver le sommeil, il fut réveillé par un bruit sourd provenant de la cuisine. Craignant immédiatement le pire, comme il le faisait depuis quelques mois, il se leva et se précipita vers la source du son, apercevant alors Emily ramassant des bris de verres. Il resta un instant sans bouger, puis s’agenouilla à son tour pour aider sa femme à ramasser les morceaux. Elle était différente, bizarre. Elle souriait, comme une femme comblée, une fatigue extrême se lisant pourtant sur son visage. Elle le salua gentiment, puis l’embrassa spontanément, chose qu’elle n’avait pas faite depuis longtemps. « Emily… qu’est-ce que… » Il n’eut pas à continuer sa phrase, puisqu’elle lui donna tout de suite une réponse à sa question. La petite ? Elle en parlait au présent, comme si elle était là, comme si elle était rentrée de l’hôpital. Il la regarda un moment sans bouger, choqué par son comportement, doutant presque de la réalité de ces derniers mois. Etait-il en train de rêver ? Ou alors, ces derniers mois avaient été les rêves, et cette nuit, la réalité ? Il en vint à douter, et fit un geste pour se relever, avant que son regard ne se pose sur la bougie qu’ils avaient posée à l’entrée, en hommage à leur petite fille. Il comprit alors que c’était Emily qui divaguait.

Il prit alors doucement sa main, tandis qu’elle débarrassait les bouts de verres, et la regarda dans les yeux. « Em’… Elle n’est pas là. Lily n’est plus là, mon amour. » Son cœur saignait de le lui dire, il avait presque envie de lui cacher la vérité, encore quelques instants, la voir rayonner à nouveau, même si ce n’était qu’une simple illusion. Avec sa main libre, il caressa délicatement la joue d’Emily, un triste sourire au visage, des larmes dans le creux de ses yeux qu’il s’efforçait de cacher. « Reviens te coucher, s’il-te-plaît… » Il avait mal de la voir comme ça, il ne savait pas quoi faire, comment agir, comment la sortir de là. Elle était prise au piège dans son mal-être, et même s’il voulait la libérer, il n’était pas tellement dans un meilleur état qu’elle.


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MessageSujet: Re: Sad night... (Oswald)   Sam 7 Oct - 16:06




Sad night
Ft. Oswald
 
Rien n’est plus dur et plus affreux à supporter pour des parents que la perte d’un enfant. J’avais l’impression d’avoir perdu une partie de mon identité, de mes attentes, de mes rêves et ambitions que j’avais nourris pour l’avenir, et, surtout, j’avais le sentiment d’avoir perdue la meilleure partie de moi-même… Un enfant qui a perdu ses parents est un orphelin, une personne qui perd son(sa) conjoint(e) devient veuf ou veuve. Mais qu’en est-il des parents à qui la mort a arraché leur enfant ?! Il n’existe malheureusement aucun nom qui décrit cette réalité, ma réalité dorénavant… C’était comme si j’avais été amputé d’un membre, je ressentais une culpabilité sans fond et un profond sentiment d’injustice. Pourquoi Lily et pas moi ? J’étais littéralement plongée dans le non-sens et la vie n’avait plus aucun intérêt à mes yeux désormais sans elle…

Oswald était si gentil avec moi et faisait preuve d’une extrême patience depuis… et l’était encore aujourd’hui. Etait-ce pour sauver les apparences ? Je l’ignorais... Nous n’avions plus de réelles discussions mais je savais qu’il souffrait lui aussi. Je me demandais parfois comment faisait-il pour puiser toute cette force pour lui et moi. Et, surtout, comment faisait-il pour me supporter encore alors que je ne pouvais même plus le faire moi-même. Je ne pouvais même plus me regarder dans une glace sans voir le reflet de mon bébé. C’était égoïste ce que je faisais. Il avait besoin d’une épouse, pas d’une femme brisée qu’il avait l’impression de devoir réparer. Et, pourtant, je l’aimais encore. Son amour et son soutien, j’en avais besoin et même si je refusais de me l’avouer à haute voix, je vivais encore grâce à lui et pour lui…

Alors qu’une assiette s’était brisée au sol, réveillant alors Oswald qui s’approcha vers moi pour m’aider à ramasser les morceaux. J’étais si contente. Aujourd’hui, on allait fêter les quatre mois de notre petite puce. Il fallait que tout soit parfait ! Mais lorsqu’il prit ma main et me dit que Lily n’était pas là, mes sourcils se froncèrent immédiatement à ses mots à tel point que je le dévisageai pendant quelques secondes :

« Comment ça plus là ? Tu l’as ramené quelque part ? Chez ses grands-parents ? »

La voix de plus en plus tremblante, j’enlevai d’un geste sec et rapide sa main qu’il avait alors déposée sur ma joue. L’angoisse m’envahit :

« Comment est-ce que tu veux que j’aille me coucher alors que tu me dis que notre fille n’est plus là ! Où est-elle Oswald ? Où est Lily ? »

Je me relevai rapidement, montant les escaliers pour me précipiter vers sa chambre : « Lily ma chérie ? Maman arrive, n’aie pas peur ! »

J’ouvris alors doucement la porte, espérant ne pas la réveiller mais lorsque j’entrai dans la pièce, ma fille avait disparu ! Je me tournai alors vers Oswald qui m’avait suivi :

« OU EST NOTRE BEBE ? REPOND-MOI ! »

Un poids dans ma gorge, un caillou dans le ventre, nulle respiration, je me tenais devant le berceau de Lily, attendant qu’Oswald daigne bien me dire où se trouve notre enfant…

Belzébuth
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MessageSujet: Re: Sad night... (Oswald)   Jeu 19 Oct - 21:18




Sad night
Emily & Oswald
Pour le meilleur comme pour le pire, c’était ce qu’ils s’étaient promis en échangeant leurs vœux, et c’était ce pourquoi il se battait de toutes ses forces. Il n’aurait jamais pensé que le pire arriverait si vite, et que ce serait si cruel, mais il était prêt à tout pour sauver leur couple et tout l’amour qu’ils se portaient. Parce qu’il l’aimait déraisonnablement, et toute sa vie durant, peu importaient les événements. Son état empirait, il le voyait très bien. Il espérait naïvement que les choses pouvaient redevenir ce qu’elles étaient, tout en sachant pertinemment qu’il y avait peu de chances pour cela arrive. La blessure était trop grande, le trou laissé trop béant, il était impossible d’oublier cette tragédie, ou de la laisser de côté, elle faisait partie de leur vie désormais, et il n’y avait plus qu’à vivre avec. Il ignorait comment il arrivait encore à se lever le matin, il le faisait pour elle, dans l’espoir de revoir un jour son sourire, de la retrouver.

En entendant le bruit dans la cuisine, il ne put qu’imaginer le pire, bien trop conscient de la fragilité de sa femme, il craignait parfois de ne pas arriver à temps pour la sauver de son désarroi. Elle lui semblait imprévisible, en équilibre sur une corde fragile tendue entre deux rives, sur laquelle le moindre geste brusque pourrait lui être fatal. S’il le pouvait, il resterait constamment avec elle pour veiller à ce qu’il ne lui arrive rien. Il la vit alors nager en plein délire, comme si leur bébé était là, comme si Lily avait un jour franchi les portes de l’hôpital pour rentrer chez eux, et qu’elle dormait paisiblement dans le berceau qu’ils avaient fait pour elle. La voir ainsi le déchirait, le désarmait. Il finit presque par y croire avant d’être brusquement ramené à la réalité. Il aurait tant voulu qu’elle ait raison, que tout ceci ne soit qu’un terrible cauchemar dont il se réveillait enfin. Il aurait tant voulu entendre pleurer sa fille à quelques mètres de là, réveillée par le fracas elle aussi, mais il n’en était rien. Il tenta alors de raisonner Emily, mais elle ne le laissa pas faire, clamant qu’il lui était impossible de dormir sans savoir où se trouvait sa fille. Une larme roula malgré lui le long de sa joue en la voyant paniquer, il la chassa d’un geste de la main, les yeux fermés, avant d’entendre Emily se relever pour monter les escaliers. Il savait parfaitement où elle allait, et il ne put que la suivre, même si la seule idée de franchir la porte de cette chambre lui brisait le cœur. Elle n’était plus très loin de la pièce, et il ne parvenait pas à le retenir d’ouvrir la porte. « Emily, arrête… » Lorsqu’elle découvrit le berceau vide, il vit son visage se décomposer en horreur. Elle ne se souvenait pas. Elle restait plongée dans son illusion, absolument persuadée que sa fille était là quelques heures plus tôt.

Lorsqu’elle se retourna en lui demandant où se trouvait Lily, il n’eut pas le courage de la regarder en face. Il était aussi détruit qu’elle, une moue terrible au visage, prêt à exploser, à se briser en sanglots à la moindre occasion. Lorsqu’il croisa enfin son regard, il la prit brusquement par les bras comme pour la réveiller. Sa réaction lui était insupportable. C’était comme revivre cette horrible journée une nouvelle fois, à l’instant précis où on lui avait annoncé que son bébé ne survivrait pas. « Lily est morte, Emily ! Elle n’est jamais rentrée à la maison ! Elle n’a jamais dormi dans son berceau, elle n’a jamais quitté l’hôpital !! » Il la secouait en lui avouant la terrible vérité, laissant les larmes couler sans plus pouvoir les retenir. Et à l’instant où les mots furent prononcés, ses jambes le lâchèrent, comme un trop plein qu’il n’avait pas encore eu l’occasion d’évacuer. « Elle ne fêtera jamais son quatrième mois… Elle n’est plus là… » Il ne savait pas comment ils pourraient survivre à tout cela, comment gérer tout ce poids. Il regarda Emily et la prit immédiatement dans ses bras pour la réconforter elle aussi. « Je suis désolé… Je suis tellement désolé… » Ce n’était la faute de personne, ni de la sienne, ni de celle de sa femme, ni même celle des médecins. Il s’excusait de ne pas avoir su les protéger, de ne pas avoir su sauver sa fille, comme une faute qu’il aurait commise sans le vouloir, mais le mal était fait. Il la serrait fort contre lui, passant sa main dans ses cheveux d’un geste frénétique en lui embrassant le front. Il fallait qu’ils survivent, il fallait qu’ils restent ensemble, qu’ils se battent. Sans elle, il n’avait plus aucune raison d’exister.


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