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 (anissa), misery loves company.

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MessageSujet: (anissa), misery loves company.   Jeu 23 Aoû - 22:49

we're the newest members of the broken hearts club.
at first i wasn't sure if there's even a cure for what i'm feeling cuz what i'm feeling’s been feeling more & more absurd. the repeating in my head of every last word that you said feels like ever since you left, you still won't leave me and lately, i been thinkin maybe there might be a place we won't feel so crazy for changing  the way you made me and in a daydream, i let them save me.
anissa ziegler & santiago herrera

Il avait prévu de passer sa soirée tranquillement Santiago, tout seul chez lui avec un bon livre, encore un truc scientifique qui parlait de dinosaure et qui ne passionnait personne, à part lui sans doute. C’était un excellent plan pour la soirée d’après lui. Il n’avait pas besoin de mieux que ça, alors il était bien parti pour profiter de cette soirée, sans prise de tête. Il s’était préparé à manger, rien d’extraordinaire, juste un petit plat rapide avec ce qui lui restait dans le réfrigérateur et puis il s’était posé sur le canapé, son chien à ses côtés, blotti contre lui et son bouquin entre les mains. Qu’est-ce qui pouvait bien arriver de dramatique ce soir hein ? Logiquement, y avait rien pour le sortir de ses plans, y avait juste lui et son bouquin et rien qui puisse l’emmerder. Pourtant, il avait à peine lu une page qu’il soupira, se sentant obligé de jeter un coup d’oeil sur son téléphone. Il n’avait pas le moindre nouvelle d’Anissa. Il n’aimait pas ça, mais il n’aimait pas non plus avoir l’impression que c’était forcément à lui de faire le premier pas vers la blonde. Y en aurait bien qui dirait que c’était toujours au mec de faire le premier pas, qu’il soit en tort ou qu’il ait raison, ce n’était pas la question. A croire que c’était une histoire de galanterie. Lui, il se disait qu’à l’époque où on cherchait à établir une égalité entre les hommes et les femmes, y avait pas de raison pour que ce soit à lui de s’écraser face à sa meilleure amie. Il n’était pas en tort, c’était elle qui avait débarqué chez lui, en début de journée et qui avait commencé à le juger. C’était elle aussi qui s’était vexé parce qu’il lui avait fait comprendre qu’il était parfaitement en droit de ne pas cautionner la façon dont elle se comportait ses derniers temps. Qu’est-ce qu’il avait fait de mal lui, à part s’inquiéter pour une personne lui étant chère hein ? Elle s’était vexée, elle avait décidé qu’elle n’avait pas besoin de ses conseils, alors qu’est-ce qu’il pouvait faire hein ? S'excuser parce qu’il lui avait dit qu’il n’était pas d’accord avec sa façon d’agir en ce moment ? Même pas en rêve. Il n’était pas d’accord avec sa façon d’agir et ça n’avait pas changé depuis le matin.

Elle en revanche, elle aurait bien des excuses à lui présenter. Elle avait gâché une agréable matinée, qu’il avait prévu de passer en charmante compagnie et tout ça pour quoi ? Pour lui râler dessus parce qu’il lui avait dit quelque chose d’absolument vrai. Alors au diable la galanterie, il n’allait pas s’excuser auprès de la blonde. Il reposa alors son téléphone à côté de lui, dans un soupire, avant de recommencer à lire quelques lignes sur la page de son bouquin. Trop vite, les pensées et les inquiétudes se frayèrent un chemin jusqu’à son esprit. Si elle buvait trop ce soir et qu’elle décidait de rentrer avec un type ? Ou si elle avait un accident ? Pire, et si y avait des connards qui décidaient d’abuser d’elle ? Il ne pouvait pas la laisser comme ça. Il savait qu’elle avait tendance à boire un peu trop quand elle sortait et on était jamais assez prudent avec l’alcool. Il n’aimait vraiment pas la façon dont elle se comportait ses derniers temps. Certes, elle n’était pas bien, elle avait perdu son bébé, alors elle avait toutes les raisons du monde de ne pas être bien. Mais il venait de perdre sa femme, ce n’était pas pour autant qu’il passait son temps à faire n’importe quoi à tel point que sa meilleure amie devait mettre ses plans de côtés pour venir s’occuper de lui parce qu’elle avait peur qu’il lui arrive malheur. Puisque c’était lui qui laissait tout tomber pour elle, il estimait qu’il était en droit de râler sur son comportement, qu’elle le veuille ou non. Finalement, il abandonna son livre sur la table basse et quitta son canapé pour sa chambre, histoire d’enfiler des fringues potables, un jean et un t-shirt tout ce qu’il y avait de plus banale, il récupéra sa veste et ses affaires avant de sortir. Au moins, il savait où elle avait l’habitude de traîner, alors il ne lui fallut pas beaucoup de temps pour rejoindre le bar où il était quasiment certain de la trouver. Il ne s’était pas trompé, il ne tarda pas à aller la voir, indiquant au mec avec qui elle était en train de parler - ou de flirter, il n’en savait trop rien - qu’il pouvait aller voir ailleurs, elle, elle était mariée. Et un peu comme ce matin, le type dû penser qu’il était son mari, peut-être parce qu’il avait une alliance au doigt, ou parce que c’était la conclusion la plus évidente, parce qu’il s’en alla en indiquant qu’il les laisser régler leurs problèmes, il ne voulait pas être mêlé à ça. Il aurait presque eu envie de lui dire qu’elle devait ressentir à peu près ce qu’il avait ressenti ce matin maintenant, sauf que la différence entre eux, c’était que lui, il n’avait pas une épouse en train de l’attendre à la maison, alors qu’Anissa elle en revanche, elle avait bien un mari chez elle. « Alors, c’était qui ce type ? » Qu’il demanda à la jeune femme, un sourcil arqué, curieux de savoir à qui elle était en train de parler et surtout ce qu’elle attendait de lui. Est-ce que c’était encore un type qu’elle avait prévu de chauffer toute la soirée avant de le laisser tomber ? Loin de lui l’envie de défendre les hommes qui ne prenaient pas non comme acquis, ils étaient des connards, mais est-ce qu’elle n’avait pas peur, à force de draguer n’importe qui comme ça de finir par se faire agresser ? Elle ne serait pas en tort, une femme qui se faisait agresser n’était jamais en tort, mais elle jouait avec le feu et lui, il avait vraiment peur que cette histoire tourne mal. Elle souffrait Anissa, mais elle se faisait plus de mal que de bien en agissant de la sorte. Peut-être qu’inconsciemment, c’était ce qu’elle cherchait, un autre traumatisme, une autre douleur qui viendrait masquer un peu la précédente. Ça ne masquerait rien, ce serait qu’un truc de plus insupportable, qu’une souffrance de plus dans sa vie et lui, évidemment qu’il voulait lui éviter ça.

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MessageSujet: Re: (anissa), misery loves company.   Dim 26 Aoû - 23:19


misery loves company
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Pour changer, elle s’est mise la tête à l’envers. Pour changer, elle a voulu fuir la réalité. Pour changer, elle s’est mise à flirter. Pour changer, ça ne changera précisément rien à sa peine, à ses erreurs, à sa vie ; pourtant, elle continue de le faire, Anissa. Peut-être qu’elle aime finalement trop le chaos pour se résoudre à le quitter, pour essayer de le faire, alors peut-être qu’au contraire, elle continue de s’enfoncer. Peut-être que c’est plus agréable de tomber toujours plus bas, peut-être qu’elle ira encore plus loin que ça ; peut-être que le fin fond du gouffre n’est pas encore suffisamment profond, peut-être qu’elle cherche à pénétrer la terre, ou peut-être qu’elle cherche elle ne sait trop quoi. Elle attend le déluge, Anissa, elle attend de se sentir en vie, d’en avoir envie, mais pour l’heure y’a rien qui vient, rien ne l’ébranle et en même temps tout l’affecte, encore. Elle sait même pas ce qui l’a poussée à boire ce soir, elle ne sait pas si ce sont ses douleurs habituelles, si c’est pour foutre son mariage en l’air, si c’est à cause de cet esquisse de bébé qui poussait dans son ventre, ou si c’est aussi à cause de la pétasse croisée le matin-même, partie telle une furie, de chez son meilleur ami. Et en même temps, à ce stade, elle reste dans le déni, Nissa ; elle croit encore que c’est son côté protecteur qui se réveille – qu’elle sait encore se soucier des autres, et non pas seulement, pas exclusivement, de sa peine. Et pourtant c’est purement égoïste, toujours aussi égocentrique, elle supporte simplement pas qu’il ait une vie en-dehors d’elle, Santiago. Elle supporte pas, qu’il s’intéresse à d’autres, qu’il se remette de sa peine quand elle s’enfonce dans la sienne, elle supporte pas qu’il voit d’autres personnes quand elle fuit le lit conjugal, elle supporte pas que d’autres filles retiennent son attention, quand elle a l’impression qu’il ne la voit jamais. Et elle ne devrait pas éprouver ce genre de jalousie, ni même ce genre d’envies, et c’est peut-être aussi pour ça qu’elle boit, un peu, quand bien même il y a déjà dans son cœur un mélange de déceptions et d’amertume qui lui donne la nausée plus efficacement que tout l’alcool qu’elle peut ingurgiter. Elle ne devrait pourtant pas faire ça, elle devrait rester sagement chez elle, aux côtés de son mari, à tenter de recoller les morceaux de son cœur et ceux de leur histoire – mais elle continue de fuir, parce qu’elle est juste lâche, ou parce qu’elle flirte dangereusement avec l’autodestruction. A croire qu’elle veut voir si elle peut se faire encore plus de mal, histoire de savoir si elle ressent encore quelque chose ; à croire qu’elle recherche l’illusion de la vie dans la souffrance, toujours plus grande. Et y’a rien ni personne, qui soit capable de l’arrêter, faut croire – pas même, surtout pas, elle-même. Elle sait pas ce qu’elle attend, alors, mais elle continue, elle sort, elle rit, elle oublie, elle boit, elle flirte, elle lâche, elle part, et elle rentre à des heures tardives, ou elle ne rentre pas du tout, trouvant le soutien du canapé de Santiago. Ce n’est pas seulement inconscient et insensé, c’est aussi complètement égoïste, pour Jeffrey, pour Santiago aussi – à croire que, finalement, elle ne cherche qu’à attirer sur elle l’attention, peut-être. C’est peut-être ça, en fin de compte, qu’elle cherche.

Elle s’est perdue encore ce soir, dans les effluves envoûtants de l’alcool, dans l’illusion de l’oubli, dans les promesses de perdition d’un verre – ou deux, ou trois. Elle ne sait plus ce qu’elle a pris, et elle s’en fout – elle a pris quelque chose qui la mette dans le même état, pas complètement bourrée, juste un peu plus légère, un peu plus bavarde ou un peu plus charismatique. Elle n’a pas toute sa tête, mais elle a suffisamment d’esprit pour ne pas être totalement repoussante, ce n’est pas pour rien qu’elle n’est pas seule quand Santiago se pointe. Elle est juste plus légère, plus insouciante, comme soudainement libérée du poids de ses traumatismes et de ses blessures, alors elle est peut-être plus joviale, plus attachante, plus mignonne, si bien que dans ces moments-là, elle n’est jamais seule bien longtemps, la blonde. Peut-être qu’à première vue, ça ne se voit pas, qu’elle a trop bu quand même, parce qu’elle parvient encore à avoir des élans de lucidité – mais la lueur s’éteint bien vite, en général, du moins ce soir. Elle était bien quand même, là, avec ce gars dont elle a oublié le nom déjà ; il n’était pas laid, il faisait l’affaire, pour quelques minutes de flirt innocent, pour un jeu pour passer le temps. Ils n’en étaient même pas au flirt, ils discutaient simplement, peut-être pas totalement innocemment – peut-être qu’elle était là, à minauder, à faire des grands sourires avec ses lèvres teintées d’un magenta frôlant le rouge, à poser sa tête dans sa main, l’air de rien, mais concrètement, ils n’ont pas sombré dans une discussion sérieuse, pleine de sous-entendus et d’allusions. Alors il bouleverse ses plans, Santiago, en débarquant, si bien qu’elle soupire, un peu comme une gamine, en se retournant vers son cocktail, l’air vaguement contrarié – et ça va durer deux secondes, parce qu’elle est un tantinet éméchée et que ses envies de s’envoyer en l’air disparaîtront probablement au fur et à mesure qu’elle décuvera, si elle accepte seulement de cesser de boire, ce qui n’est pas gagné. « Quoi, t’es jaloux ? » qu’elle lâche, tournant la tête vers lui, le regard un peu vitreux, posant la tête dans sa main comme elle le faisait encore, quelques instants plus tôt. C’est complètement con dans le fond, la Anissa sobre le saurait, ne l’envisagerait pas, mais l’alcool lui donne envie de jouer les provocatrices, et de lui faire dire n’importe quoi, même si c’est faux. L’impulsion est de mise, elle parle sans filtre, quitte à dévoiler ses souhaits secrets – ouais, peut-être qu’elle aurait voulu qu’il soit vraiment jaloux, juste pour avoir l’impression qu’il s’intéresse à elle, comme elle n’assume pas de le faire avec lui. « Pourquoi t’es là ? Il était nul, ton bouquin ? C’est pas aussi drôle qu’Anissa, j’le savais. » qu’elle fait, sourire en coin, buvant une nouvelle gorgée de son cocktail. Elle a quand même suffisamment d’esprit, pour faire des phrases à peu près correctes – ce pourrait être pire, sans doute. Ce pourrait être mieux quand même, parce qu’elle a ressorti ses manières de princesse, celles qu’elle avait précisément pour celui que Santiago vient juste de faire partir.
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MessageSujet: Re: (anissa), misery loves company.   Dim 2 Sep - 13:16

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anissa ziegler & santiago herrera

Il faisait de son mieux Santiago pour gérer ses peines, parce qu’il avait perdu sa femme et que bien qu’il l’ait épousée et sachant très bien comment cette histoire allait se terminer, il souffrait de son absence. Neva, elle avait pourtant été un second choix dans sa vie, celle qu’il avait choisi d’aimer parce qu’il n’avait pas pu avoir Anissa. Elle l’avait toujours su, elle l’avait accepté, parce qu’elle avait préféré être le second choix de quelqu’un plutôt que de rester seule pour le temps qu’il lui restait. Avant sa maladie, peut-être qu’elle avait cru qu’il finirait par oublier ce qu’il ressentait pour sa meilleure amie, ou peut-être qu’au début, elle n’avait tout simplement rien réalisé de tout ça. Mais une fois la maladie révélée au grand jour, elle était restée avec lui, persuadée qu’au moins, il s’en sortirait après sa mort parce qu’il aurait Anissa. C’était plus ou moins ce qu’elle avait noté, dans sa dédicace dans son bouquin. Cette dédicace, c’était ses adieux et y avait bien que lui qui avait lu tout ce qu’elle avait pu écrire dans cet exemplaire du livre qu’elle avait fait publier, peu de temps après sa mort. Anissa, elle ne savait pas ce qu’il avait écrit et à quoi bon ? Elle était mariée, même si elle-même, elle avait parfois tendance à l’oublier. Elle souffrait elle aussi et il aurait voulu être capable de gérer ses maux, mais en plus des siens, y avait des jours où ça devenait beaucoup trop pesant. Est-ce qu’elle s’en rendait compte ça Anissa ? Elle blessait ceux qui esssayaient de l’aider, lui y compris, alors qu’il avait déjà assez de blessures comme ça à essayer de panser. Elle avait perdu son bébé, elle avait toutes les raisons du monde d’être malheureuse, mais ce n’était pas juste, d’agir comme elle le faisait et pourtant, y avait rien pour l’arrêter. Naïvement pourtant, il avait cru que leur dispute ce matin l’aurait raisonnée, qu’elle se dirait qu’il était temps qu’elle cesse d’agir comme ça si elle ne voulait pas le perdre lui aussi, mais fallait croire qu’elle s’en fichait de le perdre, tout autant qu’elle se fichait de perdre son mari.

Il ne s’en fichait pas lui, il avait besoin d’elle, il l’aimait bien plus qu’elle ne pouvait l’imaginer. Mais il n’allait pas pouvoir continuer longtemps comme ça. Elle lui donnait l’impression de se battre dans le vent, d’être constamment obligé d’oublier ses peines à lui, ses réussites à lui, ses envies à lui, pour lui courir après histoire de lui éviter de faire une nouvelle connerie. C’était peut-être son rôle en tant que meilleur ami, mais c’était épuisant à la longue. Clairement, ce soir, il aurait apprécié de passer la soirée tranquillement avec son bouquin, mais au lieu de ça, il était là, dans ce bar, à la recherche de la blonde. Il ne savait pas s’il était égoïste ou quoi, mais il se disait qu’y avait des fois où il aimerait bien que les rôles soient inversés, qu’elle mette ses peines entre parenthèse pour s’intéresser un peu à lui. Elle pourrait bien lui dire que c’était exactement ce qu’elle avait fait ce matin, il n’en croirait pas un mot. Elle était juste venue à l’improviste pour détruire le petit bout de truc qu’il avait réussi à reconstruire dans sa vie et elle avait trouvé le moyen de le faire passer pour le méchant de l’histoire, parce qu’il râlait sur sa visite improvisée quand il était en train de s’envoyer en l’air avec une femme. Il avait l’impression qu’elle avait juste le besoin constant d’être le centre du monde. Le sien à lui, ce qu’elle était déjà la plupart du temps sans avoir besoin de jouer les drama queens, celui de Jeffrey et celui de ceux de tous les types qu’elle pouvait croiser sur son passage. L’ironie voulait pourtant qu’elle les repousse, Jeffrey et lui, dès lors qu’ils essayaient d’aider. C’était comme s’il fallait se contenter d’entrer dans son jeu pour la laisser en tirer toute les ficelles. Il ne faisait pas ça lui. Il n’allait pas rentrer dans son jeu tout ça pour lui faire plaisir. Elle n’avait pas besoin de ça, contrairement à ce qu’elle pouvait penser. Il soupira à sa remarque. « Moi, non, mais ton mari peut-être bien qu’il l’est. Tu t’en souviens, que tu es mariée au moins ? » Peut-être qu’avec l’alcool elle finissait par oublier. Si elle voulait un autre homme dans sa vie, elle pourrait au moins se donner la peine de rompre avec Jeffrey, d’être honnête avec lui, parce qu’il ne méritait pas ça et que lui, il n’allait vraiment pas passer sa vie à la protéger. Le jour où Jeffrey en aurait marre et qu’il demanderait le divorce, elle pourrait bien venir pleurer chez lui, elle pouvait être certaine que la première chose qu’il lui dirait, c’était qu’elle l’avait bien cherché et qu’il l’avait prévenue un bon million de fois, mais elle n’écoutait pas, évidemment. « Non, mon livre était très bien Anissa et franchement, t’es pas drôle du tout. » Il avait presque envie de lui dire qu’elle était pitoyable, qu’elle avait l’air d’une pauvre fille et qu’il avait honte d’elle. Il avait envie de la brusquer si seulement ça pouvait la secouer et la faire réaliser tout ce qu’elle était en train de foirer. Mais il était trop gentil pour ça, il ne voulait pas la blesser, alors tant que sa patience tenait le coup, il gardait ce genre de remarques pour lui, gardant vainement l’espoir qu’elle allait bien finir par se réveiller et redevenir la Anissa qu’il aimait tant et qu’il pourrait facilement choisir face à n’importe quel bouquin, contrairement à celle qu’il avait en face de lui. « Viens, j’te ramène maintenant. » Avant de se retrouver avec du vomi sur ses fringues, aurait-il pu facilement ajouter. Il était certain qu’Anissa n’avait pas envie de rentrer, qu’elle n’allait pas le suivre bien gentiment juste parce qu’il avait décidé que c’était le moment de rentrer, mais au moins, il aurait tenté sa chance. Une chose était sûre, il n’allait pas passer sa soirée à la regarder se noyer dans l’alcool. Elle pouvait en exiger beaucoup de lui, mais c’était hors de question qu’il la regarde se détruire à petit feu. Il en avait perdu lui aussi des choses alors il ne pouvait pas la perdre elle aussi, sans réagir.

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MessageSujet: Re: (anissa), misery loves company.   Dim 2 Sep - 16:26


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Elle n’a pas trouvé la solution. Elle est toujours là, à voir les jours s’enchaîner, et les peines subsister. Elle est toujours là, à se réveiller le cœur lourd, à vouloir se rendormir, à ne pas vouloir se lever – à repousser la chose, à attendre le dernier moment, à se foutre en retard, à retarder le moment de retrouver la réalité, devenue trop lourde à affronter. Elle est toujours là, à sentir sa gorge se nouer à des moments inopinés, à sentir son cœur se serrer à la vue de bébés, à se sentir triste à certains moments de la journée, selon ce qui a bien pu se passer. Elle est sans cesse sur les nerfs, irritable, parce qu’elle dort mal, et parce qu’elle porte le poids insoutenable de sa douleur continuellement – parce qu’elle se remet pas de la fausse-couche, comme elle ne se remet pas de la perte de son père, ni même de la déception, de la vérité sur lui et ses fameuses affaires. Et d’un autre côté, elle a beau être fatiguée, elle continue de sortir, de flirter avec le danger, insouciante, inconsciente, parce qu’elle se sente mille fois plus légère, ainsi. Elle ne sait pas trop ce qu’elle cherche, ni ce à quoi elle joue, Anissa, peut-être qu’elle s’amuse à se perdre plus qu’elle ne l’est déjà, ou peut-être qu’elle teste juste ses limites, qu’elle attend de voir, jusqu’où elle peut aller avant le craquage. Elle aime ça, le danger, l’impression de perdre pied, d’être dans une autre réalité – elle aime ça, la folie, le chaos, la douleur, la noirceur. Elle est trop éprise de son mal-être pour seulement envisager de le laisser s’en aller, elle y est trop habituée pour seulement ressentir l’envie d’essayer de se relever et d’avancer. Tout ce qu’elle fait, tout le temps, indéfiniment, c’est reculer, parce que c’est tellement plus grisant que le bonheur et les petites vies parfaites réglées comme du papier à musique. La vie en quartier résidentiel, ça lui pèse, d’ailleurs, à Anissa – ce n’est pas elle, ça l’a jamais été, et elle a l’impression de s’y ennuyer. Elle ne pourrait jamais, elle, être comme toutes ces femmes au foyer, comme toutes ces mamans qui ne gravitent qu’autour de leurs familles et de leurs foutus baraques dans lequel elles passent leur temps à faire le ménage. Elle ne pourrait jamais ne faire qu’attendre que ses enfants rentrent de l’école pour leur préparer des pancakes pour le goûter, elle ne pourrait jamais passer ses journées à tricoter, à faire ses courses au supermarché et à discuter ragots avec les autres femmes du voisinage – elle ne pourrait jamais, surtout, attendre désespérément que Jeffrey rentre du travail, pour qu’il n’ait plus qu’à mettre les pieds sous la table, et manger le repas qu’elle aura pris deux heures à préparer. Elle n’est pas ce genre de femmes, Anissa, elle s’ennuierait trop vite, et à vrai dire, elle s’ennuie déjà – et elle ne supporte pas le calme, le silence, les allées toutes droites, le gazon parfaitement coupé, les airs de sainte-nitouche de ses voisines, les sourires de magazine de ses voisins, et elle déteste le fait qu’il n’y ait rien. Elle, elle aimait le bruit de la ville, les nuits trop courtes, voire les nuits blanches, les soirées à discuter en buvant un verre en terrasse, ou les nuits plus mouvementées, de la musique plein les oreilles, des lumières plein les yeux. Elle vit toujours en ville pourtant, Anissa, elle n’est pas très loin de tout ça, mais ce n’est pas le même coin qu’avant, pas le même environnement, ni la même atmosphère – alors elle n’aime pas ça, alors elle étouffe, dans ce quartier-là. Ou peut-être que c’est juste qu’elle ne va pas bien, si bien qu’elle a besoin de plus d’espace, que ça.

C’est peut-être pour ça qu’elle s’évade constamment vers Williamsburg. Elle ne fuit pas que son mari, elle vit aussi leur quartier, et ses problèmes qui y sont restés coincés – du moins, elle le voudrait. Elle fuit une vie trop rangée qui ne lui convient pas, à elle, l’insouciante et libre Anissa, qui n’a toujours fait que ce qu’elle voulait. Elle fuit une vie qui ne lui convient plus tout court, parce qu’elle n’est plus en accord avec elle-même, parce qu’elle est perdue, Anissa, parce qu’elle souffre encore et que ça ne s’arrête pas. Alors elle n’a pas trouvé de solution pour cette peine qui semble grandir au lieu de diminuer, mais tout ce qu’elle fait, c’est en réalité à cette souffrance, quand bien même elle ne peut s’empêcher de l’aimer, rien qu’un peu. Elle a ces tendances autodestructrices, finalement, quand bien même elle ne se l’admet pas ; ce n’est pas une solution de s’enfoncer encore plus, mais c’est le seul truc qui lui a donné l’impression d’être en vie, quand il lui a semblé que ce n’était plus le cas, depuis longtemps. Alors au moins, les gueules de bois, les flirts innocents, le tabac, ce n’est pas juste n’importe quoi – ça lui rappelle aussi qu’elle est humaine, capable de se foutre en l’air, capable de quelque chose. Seulement, Santiago, il est venu contrarier tous ses jolis projets de la soirée, visiblement pas décidé à coopérer ni même à contribuer à sa destruction. Pas décidé non plus à entrer dans son jeu, trop sérieux pour elle, trop réaliste au contact d’une Anissa dénuée de discernement et raison. « Ouais, il l’est tout le temps de toi, pffff. J’suis pas débile, Santiago, me parle pas comme si j’étais qu’une gamine, d’abord. » Et ça l’agace plus qu’elle ne l’aurait cru, ou plus qu’elle ne l’aurait cru si elle n’avait pas autant bu ce soir, parce qu’elle manque cruellement de lucidité, incapable de penser. Elle en dit quand même plus qu’elle ne le devrait, parce que l’alcool a tendance à lui délier la langue, à dire les choses impulsivement, sans penser aux conséquences. « Pourquoi tu parles de Jeffrey hein ? Jeffrey, il est tout le temps, tout le temps là, il est trop là, il est chiant, je peux pas respirer, je peux pas vivre… pourquoi tu parles de lui hein ? Tu veux pas que je respire ? » Elle écarquille ses yeux, comme attendant vraiment une réponse, avant d’enchaîner, de continuer ses bêtises, ses paroles dénuées de sens. « Pffff, non, même pas vrai. Tu préfères juste être avec moi. » qu’elle rétorque, catégorique, croisant les bras. Peut-être qu’elle a réellement l’air d’une gamine, quoiqu’elle en dise, Anissa. Parce qu’elle est désormais pleine de la naïveté propre à l’enivrement, celui-là-même dont elle retrouve les bras trop souvent. « Non ! Je veux pas rentrer ! Je suis bien là ! » qu’elle s’exclame aussitôt, pas en colère, pas encore peut-être, parce qu’elle a vraiment l’air d’une gamine qui proteste face aux ordres de ses parents. « T’as qu’à retrouver ton livre ! T’as dit il était bien ! » Et elle reste bien assise, buvant de nouvelles gorgées de son cocktail, bien décidée à ne pas bouger de là.
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MessageSujet: Re: (anissa), misery loves company.   Mar 11 Sep - 11:24

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A la longue, Santiago, il ne savait même plus comment faire pour aider Anissa. Il essayait, il faisait des efforts pour la soutenir et la comprendre, mais plus le temps passait, plus ça devenait compliqué. Qu’est-ce qu’il y avait à comprendre de toute façon, dans la façon qu’elle avait de se comporter hein ? Il était assez jaloux pour se dire qu’elle semblait avoir envie de se taper tous les hommes de la planète, sauf lui. Et dès que cette pensée frôlait son esprit, le brun se disait qu’il fallait qu’il arrête de penser des trucs pareils, parce qu’Anissa était mariée. Le pire dans tout ça, c’était qu’il avait arrêté d’avoir ce genre de pensées concernant Anissa, quand il avait rencontré Neva et c’était elle qui avait tout fait pour lui rappeler les sentiments qu’il avait eu pour la blonde, juste avant de mourir. Elle ne voulait pas qu’il soit seul, mais elle avait oublié dans son calcul parfait qu’Anissa, elle était mariée. Elle n’avait pas eu vent de l’avenir, non plus, parce que le malheur était aussi venu s'immiscer dans la vie d’Anissa et maintenant, elle faisait n’importe quoi. Il comprenait sa peine. Il avait perdu sa femme lui, peut-être que c’était différent, de perdre un bébé, il n’en savait rien. Mais il n’avait pas envie de jouer à “qui souffre le plus ?” avec Anissa. Il comprenait ses peines, mais il ne comprenait pas cette volonté qu’elle avait de compliquer toujours plus les choses, de foutre en l’air tout le reste de sa vie. Peut-être que c’était ça, la dépression, il n’en savait rien, il n’était pas psy, mais peut-être bien qu’il allait finir par supplier la blonde d’aller en voir un, parce qu’elle avait clairement des problèmes et que lui, il ne savait vraiment plus comment l’aider. Il ne pouvait pas passer sa vie à laisser tomber ses plans pour éviter qu’elle ne fasse une connerie. Sa soirée lecture n’était pas importante, mais en vue de ce qu’il s’était passé ce matin, y avait fort à parier que ce n’était pas que ça qu’il devait mettre entre parenthèse pour courir après une femme qui ne voulait même pas de son aide.

Il était venu ce soir pourtant, la retrouvant dans l’un des bars qu’elle avait l’habitude de fréquenter. Il n’avait pas été surpris de la voir faire les yeux doux à un type, comme elle le faisait si bien. Ce qu’elle faisait, c’était un genre de manipulation injuste, ces pauvres types, ils devaient avoir de l’espoir et ils allaient se prendre un vent au dernier moment, jusqu’au jour où elle céderait vraiment en tout cas. C’était dangereux en plus, on ne savait jamais comme ce genre de types pouvaient réagir. S’ils n’étaient pas trop cons, ils traçaient leur chemin, malgré leur frustration, s’ils étaient cons et bourrés en prime, les choses pouvaient facilement dégénérer et il ne voulait pas qu’un truc pareil arrive à sa meilleure amie, alors il fallait bien qu’il soit là pour la protéger, quand bien même c’était une véritable torture de la regarder agir comme ça et elle devait bien s’en foutre de ce qu’il ressentait, parce qu’elle ne changeait pas. Elle s’en fichait des autres de toute façon, sinon elle ne ferait pas ça à son mari. Est-ce que ce n’était pas déjà tromper ce qu’elle faisait hein ? Elle lui mentait, c’était certain. Peut-être bien qu’elle lui avait dit qu’elle passait la soirée avec lui ce soir, alors que ce n’était pas ce qui avait été prévu. Il était au moins certain qu’elle ne lui avait pas dit qu’elle allait dans un bar draguer tous les types qu’elle pourrait croiser. Ce n’était pas juste non plus pour Jeff. « On peut pas franchement le lui reprocher là. J’y peux rien si tu te comportes comme une gamine. » Ce n’était pas mature sa façon d’agir, ça ressemblait aux caprices d’une gamine qui refusait de s’en sortir, malgré toute l’aide qu’on lui offrait. Il était là lui, pour elle, malgré ses propres peines, mais elle n’en avait rien à foutre, à première vue, elle ne le voyait plus que comme un chieur qui se mettait en travers de ses plans. « Je parle de Jeffrey parce que c’est le type que t’es à deux doigts de tromper ! Tu veux te taper la moitié des gars New-York ? T’es peux plus de lui ? Divorce ! » Si elle ne l’aimait plus, c’était la meilleure solution. Peut-être que ça pouvait paraître méchant dit comme ça, mais c’était d’après lui la solution la moins cruelle. S’il avait été encore marié lui, il aurait préféré que sa femme se pointe avec les papiers du divorce plutôt que de la retrouver dans un lit avec un autre. De toute évidence, être honnête, ce n’était pas méchant, au contraire. « Nan, pas quand tu picoles comme ça. » Lui au moins, il n’avait plus peur de l’être honnête, de toute façon, y avait bien un moment où il fallait être franc, quitte à la blesser, peut-être qu’au moins, ça la ferait réagir. Pour l’instant, il ne disait rien qu’il n’avait pas déjà dit, mais y avait vraiment un moment où il allait exploser et il sentait bien que ça n’allait pas tarder. Y avait encore la frustration du matin en lui, pour ne pas simplifier les choses. Il lâcha un rire amer suite aux propos de la blonde, la preuve qu’il était vraiment au bord de l’explosion et qu’elle allait devoir faire gaffe à ce qu’elle allait répondre. Ce qu’elle ne ferait pas, de toute façon, elle était bourrée et même sans ça, elle lui avait bien fait comprendre ce matin, qu’elle était le centre du monde et que lui il n’avait qu’à être à ses pieds, comme tous les autres. « J’ai laissé tomber mes plans ce soir, pour toi, j’ai fait tout le chemin jusqu’ici, pour toi et puis quoi, je dois juste aller me faire foutre maintenant ? » C’était bien la peine de faire des efforts pour elle, pour essayer de la protéger, de l’aider, puisqu’elle s’en fichait comme pas possible. Elle était blessée et tout ce qu’elle faisait, c’était blesser les autres en échange. Il avait été patient jusqu’à présent, mais là c’était trop pour lui, si elle voulait vraiment qu’il dégage, il allait dégager, mais qu’elle ne compte plus sur lui par la suite, parce qu’il n’était pas un pauvre type qu’elle pouvait utiliser quand ça lui faisait plaisir pour mieux le jeter après. Lui, il était son meilleur-ami, celui avec qui elle avait tout partager dans sa vie depuis qu’elle était gamine, celui qui avait toujours été là pour elle et si tout ça, ça n’avait pas la moindre importance à ses yeux à Anissa, alors clairement, il ferait mieux de retourner à son livre.

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MessageSujet: Re: (anissa), misery loves company.   Dim 16 Sep - 16:30


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C’est peut-être dans la panique, qu’elle agit tel qu’elle le fait. Parce qu’Anissa, elle ne sait pas quoi faire, alors c’est comme si elle ne réfléchissait pas. Comme si elle prenait la première envie qui lui venait, pour la réaliser sans se demander si c’est bon ou si ça ne l’est pas. Elle est plus impulsive que jamais, elle n’en fait qu’à sa tête, et au moins de cette façon-là, elle pense un peu moins à ce qui ne va pas. Ça n’arrange rien pourtant, ça ne fait que repousser le moment où il faudra tout affronter – le moment où ce sera plus douloureux encore, moment qu’elle appréhende, finalement. Parce qu’il faudra bien qu’à un moment ou l’autre, elle finisse par exploser, par éclater, Anissa. Garder tout pour elle, ne lui fera pas du bien. Même elle, elle le sait, dans le fond. Pourtant, elle continue ses conneries, ses gamineries – à croire qu’elle n’est plus une adulte, qu’elle ne sait plus être mature, agir responsablement ; et dire qu’elle voulait un enfant. Les choses sont simplement différentes, maintenant. Elle est déçue et elle souffre, et elle ne sait plus trop où elle en est, si bien qu’elle s’accroche comme une dégénérée aux dernières choses qui peuvent bien lui rester. Aux dernières choses, qui peuvent compter. C’est son boulot, c’est Santiago, et pour une raison étrange, ce n’est pas trop Jeffrey. Elle ne sait pas trop quoi penser, à son sujet. Alors elle adopte toujours éternellement le même comportement, elle le fuit et elle fait n’importe quoi, le plus souvent, pour éviter de se poser les bonnes questions. Elle n’est pas sûre que ça marche, mais comme toujours, ça repousse l’inévitable – elle remet à demain la peine des remises en question, la peine des hésitations. Elle n’est pas heureuse, Anissa, c’est la dure réalité à laquelle elle n’ose pas se confronter, pour ne pas trop penser aux raisons à l’origine de sa perdition, de son autodestruction. C’est peut-être qu’elle accumule depuis trop d’années, une frustration jamais évacuée ; peut-être que c’est aussi pour ça, dans le fond, qu’elle a perdu son bébé. Peut-être qu’il ne voulait pas rester, dans le corps de quelqu’un qui n’est pas épanoui, de quelqu’un qui n’est pas heureux dans sa vie. Peut-être que le mal-être était trop pesant, peut-être que le malaise était trop évident. En réalité, ça n’a sans doute rien à voir avec ça, mais dans ses rares moments de lucidité et de maturité, elle ne peut s’empêcher de se demander, Anissa. S’il y avait autre chose derrière qu’un simple « ça arrive, parfois ». Parce qu’elle culpabilise, surtout, et c’est peut-être la raison principale de sa douleur. Elle a l’impression que c’est de sa faute, elle est l’impression qu’elle est seule fautive, seule à blâmer. Parce qu’elle n’a pas su garder son bébé. Parce qu’elle n’a pas su en prendre soin. Et indéniablement, aux yeux de la blonde, c’est de sa faute. Peut-être que c’était pour le mieux, peut-être qu’elle aurait une mère abominable. Peut-être qu’elle était pas faite, pour ça. Peut-être que ce bébé l’a libérée. Libérée d’un truc qu’elle aurait foiré. Ou libérée d’un truc, qui l’aurait liée à jamais à un homme qu’elle n’est pas sûre de vouloir pour toute la vie. Elle ne sait même plus, si elle le veut, aujourd’hui. C’est l’ultime question, la grande question, qu’elle n’ose pas se poser, pas prête peut-être à voir la vérité. Parce que ce serait sans aucun doute beaucoup trop compliqué. Et elle est trop perdue déjà, Nissa. Elle peut pas en rajouter. Ça ferait trop à gérer, ça ferait trop sur le cœur, ça ferait trop de repères en moins.

Et rien n’est plus doux que le déni. Rien n’est plus simple, aussi. Au moins, Anissa, elle n’a pas besoin de réfléchir – c’est plus simple comme ça, ça lui va. Du moins, elle croit. En vrai, elle ne sait pas. Le déni, c’est aussi la meilleure solution pour tout avoir, en même temps. Pour continuer d’être le monde de Jeffrey, tout en devenant satellite d’une autre planète. Ou tout en l’ayant, toujours été. Peut-être que son comportement, c’est juste pour le faire tiquer, juste pour se faire désespérément remarquer. Juste pour lui crier qu’elle est là, qu’elle était là depuis tellement d’années, plus que ses doigts ne peuvent en compter. Mais elle n’était qu’une gamine, et faut croire qu’elle en est encore une. Sans doute que c’est vrai, pourtant ça sonne désagréablement à ses oreilles – rien n’est plus doux que le déni, après tout. Elle supporte pas, alors, Nissa, d’être vue comme une gamine par Santiago – elle trouve ça atrocement réducteur, même presque dégradant. Ou peut-être que ça lui donne juste l’impression qu’elle, elle ne sera jamais assez bien pour lui – et en même temps, elle a l’esprit trop embrumé, trop englué dans le déni, pour s’admettre ce genre de pensées, et peut-être que c’est tant mieux, étant donné qu’elle est mariée. Mais l’alcool peut avoir tendance à lui délier la langue ; et elle supporte pas, d’avoir l’impression qu’elle sera jamais à la hauteur – ça la fait juste se sentir un peu plus misérable, un peu plus mal dans sa peau. « C’est c’que j’ai toujours été hein ! Une gamine ! » La gamine pleine de joie de vivre des gens qui ont aidé sa famille, l’amie un peu plus jeune, la jeune de Marnie, la meilleure amie, mais jamais rien de plus, jamais rien de mieux que ça. Y’aura toujours eu d’autres mots pour la définir à ses yeux, d’autres expressions pour casser toute possibilité de quoi que ce soit – voilà la frustration avec laquelle elle vit, Anissa, depuis trop longtemps. Sans jamais assumer, sans jamais ouvrir totalement les yeux. Y’a que la jalousie qui soit une preuve évidente, pourtant. Elle ne devrait pas en éprouver pourtant, pas à son égard, alors qu’elle est mariée à un autre depuis plusieurs années, comme Santiago sait si bien le lui rappeler. Et ça la rend triste d’entendre ça, quand bien même elle est plus ivre en colère qu’ivre déprimée ou ivre joviale, depuis quelques instants. « Je le trompe pas. Je vais pas le tromper. Je le tromperai jamais. » qu’elle répète, d’une petite voix mal assurée. Elle a la voix enrouée tout à coup, Nissa, parce que c’est un sujet qui la touche de trop près, et qui lui donne la boule à la gorge – surtout quand elle a beau trop, comme ça. Divorcer, c’est quelque chose auquel elle ne veut pas penser ; parce qu’elle est perdue, alors elle ne sait pas ce qu’elle veut. « Je… j’veux pas divorcer. » qu’elle répète encore, et ce, même si elle manque de façon évidente de confiance en elle. Ça se voit qu’elle est perdue, ça se sent dans son comportement, ça s’entend dans ses hésitations, et dans sa réaction, dans ses regards fuyants, dans ses mains qu’elle touche nerveusement. « J’ai pas dit ça ! » Elle proteste, très douée pour rétorquer surtout quand c’est vrai – à ses yeux, du moins. C’est lui qui avait dit qu’il voulait pas venir, c’est lui qui est venu quand même sans qu’elle le force, c’est lui qui s’énerve pourtant maintenant. « T’as dit qu’tu voulais pas v’nir. » C’est tout ce qu’elle dit, tout ce dont elle se souvient, avec son esprit brumeux ; alors c’est le seul argument qu’elle peut lui sortir. De toute façon, elle n’est pas de taille pour une dispute, Anissa, elle n’a pas suffisamment sa tête pour ça. Alors elle lui balance que l’évidence, parce que c’est tout ce qu’elle peut faire, pour l’instant.
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MessageSujet: Re: (anissa), misery loves company.   Dim 30 Sep - 12:06

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Il était patient Santiago, plutôt cool comme type, certainement pas le genre de personne cherchant les ennuis. Il n’avait jamais été du genre à se retrouver dans une bagarre ou quoi que ce soit du genre. Même plus jeune, au lycée, on ne pouvait pas le classer dans la catégorie des élèves qu’on remarquait beaucoup à ce niveau là. Santiago, il avait toujours été assez discret, pas du genre à courir après la popularité et compagnie. Il aimait les choses simples et il ne supportait pas les prises de tête. L’avantage, c’était que jusqu’à présent avec Anissa, elles avaient été très rares, c’était bien pour ça que c’était sa meilleure amie. Il avait toujours cru qu’elle serait à jamais cette fille avec qui tout irait toujours bien, parce qu’ils étaient amis, qu’ils se connaissaient parfaitement et qu’évidemment, rien ni personne ne pouvait lutter contre ça. Pourtant les choses avaient changées ces derniers temps et il était bien obligé d’admettre que la blonde le poussait à bout. Il avait beau la comprendre, compatir et partager ses peines, y avait un moment où, avoir l’impression de s’adresser à un mur dès qu’il essayait de l’aider, ça devenait trop difficile pour lui. Le matin, déjà, quand ils s’étaient disputé chez lui, ça avait été parce qu’il n’en pouvait plus et pourtant, fallait croire qu’il en redemandait, parce qu’il était venu la retrouver dans ce bar ce soir. Il aurait dû se douter qu’elle n’allait pas juste se contenter de le suivre, parce qu’il venait la chercher. Elle avait décidé de se bourrer la tronche ce soir, peu importait les conséquences et lui, il n’avait - apparemment - pas d’autre choix que celui de faire avec, même si, évidemment, ça ne lui plaisait pas. Peut-être qu’il était parano, qu’il imaginait le pire, mais il avait l’impression qu’elle, en revanche, elle n’avait pas conscience du danger et des risques qu’elle pouvait prendre. A moins que ce soit exactement ce qu’elle cherchait et là, ce serait pire, bien entendu.

Lui, il voulait la protéger. Il ne voulait pas qu’il lui arrive quelque chose, qu’elle se blesse, qu’on lui fasse du mal. Mais est-ce qu’il pouvait vraiment la protéger contre elle-même ? Il ne savait plus Santiago et des fois, il se disait que non, il ne pouvait rien faire de ce côté là, puisque de toute évidence, l’ensemble de ses efforts finissaient de tomber à l’eau. Qu’est-ce qu’il faisait pendant ce temps là, Jeffrey ? Peut-être bien qu’il avait assez de respect pour le mariage de la jeune femme pour essayer de lui éviter de le foutre en l’air, mais il ne pouvait pas s’empêcher de se demander pourquoi il était le seul à bouger le petit doigt pour essayer de venir en aide à la blonde, alors même qu’elle avait un mari. Peut-être qu’il avait baissé les bras avant lui, ce serait compréhensif dans le fond, parce qu’il le savait Santiago, que lui aussi, il allait finir par abandonner. Il ne l’avait pas fait ce soir, il était revenu pour elle, abandonnant ses projets, qui certes n’avaient pas été passionnants, mais quand même. Il était censé pouvoir avoir le droit de passer sa soirée à lire tranquillement chez lui, sans se faire tout un sang d’encre pour sa meilleure amie. « Ah ouais ? Bha il est peut-être temps de grandir, parce qu’y aura pas toujours quelqu’un pour te sauver la mise ! » Lui, il ne serait pas toujours là. Parce qu’il avait une vie et comme il avait essayé de lui prouver - en vain - ce matin, des fois y avait des choses qui le poussait à ne pas être complètement disponible pour elle. Elle devait savoir en plus qu’il guettait la première occasion de repartir sur le terrain, de s’éloigner de New-York, parce que ça faisait partie de son job et qu’il adorait ça. Lui, il ne pouvait pas être toujours là, mais elle avait son mari pour l’aider et la soutenir en toute circonstance, si elle se donnait la peine de se souvenir de son existence de temps en temps. Mais elle préférait passer sa soirée avec d’autres types qu’avec le type qu’elle avait épousé. Elle ne le trompait pas, qu’elle disait et lassé, le brun ne pu s’empêcher de lâcher un léger rire ironique. « Qu’est-ce que tu crois Nissa ? C’est déjà tout comme ! S’il savait, il se sentirait trahi, tromper, c’est pas juste une histoire de cul. » Sinon, ça voudrait dire quoi hein ? Qu’on pouvait faire ce qu’on voulait avec qui on voulait sans que ce soit un adultère ? Elle, elle draguait n’importe qui, elle faisait des avances à tous les types qu’elle croisait, alors y avait déjà une part de tromperie là-dedans. Il n’était pas son mari, mais il savait qu’à la place de Jeffrey, il n’aimerait pas que sa femme fricotte comme ça avec d’autres types en le laissant sur le banc de touche. « Ah ouais ? Peut-être que tu devrais arrêter d’agir comme tu le fais alors, parce qu’il faudra pas t’étonner, le jour où ce sera lui, qui le demandera le divorce. » Elle l’aurait bien mérité après tout. Qu’est-ce qu’il restait de leur mariage s’ils étaient constamment chacun dans leur coin hein ? Ils auraient dû se réjouir pourtant de pouvoir être ensemble, d’avoir encore de belles années devant eux. Ça le rendait fou Santiago, qu’elle soit incapable de se rendre compte de la chance qu’elle pouvait avoir. Elle était triste, brisée, mais elle avait quelqu’un pour la soutenir, pour la serrer dans ses bras, pour lui dire que tout irait bien et qu’il l’aimait quoi qu’il arrive. Il n’avait plus ça lui, tout ce qu’il avait c’était un lit vide et froid, un appartement silencieux et personne pour le rassurer. Alors peut-être qu’il était jaloux de ce qu’elle avait Anissa et que ça le rendait d’autant plus fou qu’elle n’y fasse pas plus attention que ça. « C’est tout comme. » Parce qu’elle ne se rendait même pas compte de la façon dont elle blessait les gens autour d’elle, ceux qui tenaient à elle, ceux qui essayaient d’être là pour elle, ceux qui l’aimaient. « Mais je suis là, pour toi et j’ai pas l’intention de passer ma soirée à te regarder te faire du mal sans même t’en rendre compte. J’m’en vais, alors soit tu viens avec moi, soit tu restes là à faire n’importe quoi, mais si tu restes, j’éteins mon téléphone pour le reste de la nuit, tu seras vraiment toute seule. » Ce ne serait même pas la peine de l’appeler pour qu’il vienne la chercher. Au pire, elle avait un mari et apparemment, elle en avait conscience, alors elle saurait qui appeler à la rescousse, à sa place, ce ne serait pas plus mal.
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MessageSujet: Re: (anissa), misery loves company.   Jeu 4 Oct - 19:14


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Elle ne sait plus ce qu’elle cherche, et encore, c’est devenu un euphémisme. Elle donne surtout l’impression de se détruire par tous les moyens possibles, comme pour voir ce que ça lui ferait ressentir, comme pour voir si ça lui ferait vraiment, ressentir quelque chose. C’est comme si tout son être était parti en congés, elle ne sait plus trop qui elle est, ni ce qu’elle attend, ni ce qui compte réellement. Tout est devenu flou, parce que toute la douleur s’est déversée d’un coup – maintenant, Anissa, elle a la bête réaction de vouloir détruire tout ce qui lui reste de bien. Ou plutôt, c’est une forme de rejet, comme une façon de se protéger. Peut-être qu’inconsciemment, elle a besoin d’être seule, vraiment ; besoin de temps pour elle, pour se recentrer, se reconcentrer sur elle-même. Pour, peut-être, avancer. Essayer. Seulement voilà, elle est jamais seule, Anissa. A la maison quand elle rentre, il y a toujours Jeffrey. Quand elle part le matin, c’est pareil. Elle le fuit parce qu’elle étouffe, parce qu’il l’a couvert d’attentions, parce qu’il la regarde les yeux voilés d’inquiétude, et elle supporte pas ça. Elle supporte pas d’être vue comme une petite créature fragile, comme une poupée qui risquerait de se casser à la moindre occasion, parce qu’elle a perdu son bébé. Elle est pas fragile, Nissa, ou en réalité plus qu’elle ne se l’admet, parce qu’elle a sa fierté. Mais elle veut pas revoir dans les regards de Jeffrey, ce qu’elle a perdu, ce qu’ils ont perdu ; elle veut pas y retrouver le souvenir de cette peine abominable, elle veut y voir le rappel de sa peine qui n’a pas disparu. Il n’aide pas du tout, pourtant ce n’est pas faute d’avoir essayé ; ce n’est pas de sa faute, elle ne peut rien lui reprocher. C’est elle sans doute, le problème, c’est même ce qu’elle n’a de cesse de penser, de ressentir, quand même cette idée ne quitte jamais ses lèvres. Elle dit pas, qu’elle se trouve pitoyable, minable, elle dit pas qu’elle a honte d’elle-même, et surtout, elle n’arrête rien pour autant – elle continue ses conneries, essayant de se sentir en vie, ou peut-être autre chose, parce que ouais, dans le fond, elle sait pas trop ce qu’elle cherche, Anissa. Elle souffre, c’est tout. Peut-être bien qu’elle aime ça – non pas la souffrance ressentie après la fausse-couche, ni après la mort de son père, mais la souffrance qu’elle cultive depuis. Elle aime se sentir mal, parce qu’elle a pénétré un cercle infernal, un cercle vicieux qui n’en finit jamais. Se relever demanderait trop d’efforts, trop de temps, et ce temps-là, elle ne l’a pas ; la force, non plus. Alors elle ne se bouge pas, la blonde, elle ne fait rien pour changer ça ; elle fait la sourde oreille auprès de Jeffrey qui, de toute façon, a cessé de lui faire des conseils depuis la fois où elle lui a probablement sorti de façon passive-agressive, qu’elle ne voulait plus en entendre. Elle fait la sourde oreille auprès de Santiago, ces rares fois où elle se montre vulnérable, parce que sinon elle ne parle jamais plus de ce qui ne va pas. C’est devenu comme un tabou – tant pis, qu’ils soient a priori meilleurs amis. Il y a des sujets dont elle ne veut plus parler avec personne. Des sujets qui ravivent trop la douleur. Des sujets qui ne méritent pas qu’on leur porte de l’attention. Sans doute qu’il y a aussi qu’elle veut qu’il garde d’elle l’image de la jeune femme souriante, enthousiaste, forte, plutôt qu’il se mette à la prendre pour une pauvre petite chose, faible, cassée, pour laquelle on ne pourrait s’empêcher de compatir, de plaindre – comme Jeffrey.

Derrière tout ça, y’a sans doute encore quelque chose d’autre, de plus profond, de moins admis, parce que c’est mille fois plus simple ainsi. Ça fait probablement longtemps qu’elle n’a plus l’air d’être cette fille-là, Anissa, la souriante, l’enthousiaste, la forte. Elle sourit, elle rit beaucoup, mais elle rit trop, elle se force, parce qu’elle s’efforce de donner l’illusion. Elle n’est pas heureuse, elle n’est pas joyeuse, elle est au fond du gouffre mais elle cache le tout derrière le rouge à ses lèvres et des traits d’eye-liner, elle porte des robes et des talons pour cacher combien la vie l’a harcelée, blessée, achevée. Elle essaie tant bien que mal d’être attirante sans trop savoir pour qui elle le fait – ce n’est même pas pour ces hommes qu’elle drague ouvertement dans des bars, parce qu’elle n’a jamais franchi la limite, jamais vraiment tentée de le faire ; ce n’est pas pour Jeffrey qu’elle fuit, se couchant la première dans leur lit, feignant d’être endormie quand il l’y rejoint un peu plus tard dans la nuit. Même pas sûr, que ce soit non plus pour Santiago. Sans doute que ça fait juste partie du jeu, de l’illusion. Ou peut-être que si, que c’est destiné à son meilleur ami, inconsciemment. Elle comprend pas pourtant, cette obsession – elle comprend pas pourquoi, surtout, maintenant. Peut-être que c’est qu’un pétage de câble supplémentaire, qui survient juste après tous les autres – peut-être que c’est un message inconscient, tout ça, pour dire qu’elle ne supporte plus, de faire semblant. Elle en a marre de souffrir, marre de Jeffrey, marre d’être déçue, marre de ne pas se relever, et maintenant, elle en a marre de ne pas être remarquée, de ne pas être vue, d’être éclipsée – peut-être bien que c’est la plus grande égocentrique qui soit, peut-être qu’elle a toujours été comme ça, ou c’est la dépression qui la guette, peut-être déjà là, qui la pousse à demander plus d’attention qu’elle ne croit en avoir. Santiago, il a toujours été là pour elle comme elle a toujours été là pour lui ; mais même s’il a aussi une vie, elle voudrait en rester le centre, toujours. Elle voudrait plus surtout, c’est bien la raison de sa réaction du matin – c’était pas qu’une crise de gamine qui n’est plus le centre du monde, c’était de la jalousie, purement et simplement ; cette fille, elle l’a détestée, pour avoir eu ce qu’elle n’a jamais obtenu. Ce qu’elle n’obtiendra probablement jamais. « Je t’avais rien demandé ! » Tout ce qu’elle a fait, c’est le convier à la soirée ; il n’a pas voulu, il est quand même venu ; elle l’a invité pour qu’ils s’amusent, pas pour qu’ils s’engueulent pour de la pacotille. Et puis il l’agace, avec ses leçons de morale, ses grands airs à la monsieur je-sais-tout. Si elle avait su, elle lui aurait certainement pas dit où elle allait. Parce qu’il est venu tout gâcher. « Non, c’est pas ça ! Et puis t’en sais rien, tu le connais pas ! Pourquoi c’est lui, la pauv’ victime ? » Elle parle encore comme une enfant, Nissa, mangeant des mots, peinant à articuler, l’alcool lui montant à la tête, évidemment. « Bah peut-être que ce sera pas plus mal. » C’est par plaisir de contradiction qu’elle répond ça, Anissa, quand bien même elle vient de dire qu’elle ne veut pas divorcer. Et pourtant c’est révélateur, parce qu’au point où elle en est, peut-être que dans le fond c’est ce qu’il faudrait. C’est un autre truc qu’elle est en train de détruire petit à petit, mais elle est tellement partie dans sa folie, désespérée, qu’elle s’en fout sur le moment. Elle regrettera plus tard, peut-être. Elle regrettera, quand ce sera trop tard. « Arrête de dire c’que j’pas dit. » C’est l’impuissance qui s’empare d’elle maintenant, parce qu’elle a beau ne pas avoir bu jusqu’à l’ivresse, elle a quand même trop bu pour être capable de répliquer convenablement, pour le descendre en arguments, et ça la frustre plus que de raison. « T’es là pour moi, t’veux pas que j’me fasse du mal, blablabla, mais si j’viens pas tu t’en fous. » Elle sait pas trop ce qu’elle cherche, là, non plus ; elle reprend ce qu’il a dit, Santiago, de la façon dont elle l’a compris. « Tu comprends rien. » Elle sait pas trop ce que ça veut dire, elle sait pas vraiment ce à quoi elle fait allusion, mais il est quand même clair dans sa tête, à Nissa, qu’il comprend rien du tout. « T’as rien dit les autres fois, alors quoi, tu t’venges pour c’matin ? » Elle s’est levée quand même, mécontente, faible, parce qu’elle cède. Elle le suit, elle rentre, mais ça ne veut pas dire qu’elle va se taire, gentiment. « Tu peux t’taper qui tu veux, Tiao, elles s’ront jamais assez bien pour toi. » Peut-être que c’est de la pure jalousie, et pourtant là-dedans, même un peu enivrée, même un peu de mauvaise foi, même un peu gamine, elle reste soucieuse, sincère aussi. Tant pis de ce qu’il peut penser, Tiao, tant pis s’il la juge ou s’il lui en veut pour ce matin. Elle a bien voulu accepter Neva, mais elle n’acceptera plus jamais personne d’autre.
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MessageSujet: Re: (anissa), misery loves company.   Mar 23 Oct - 19:13

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at first i wasn't sure if there's even a cure for what i'm feeling cuz what i'm feeling’s been feeling more & more absurd. the repeating in my head of every last word that you said feels like ever since you left, you still won't leave me and lately, i been thinkin maybe there might be a place we won't feel so crazy for changing  the way you made me and in a daydream, i let them save me.
anissa ziegler & santiago herrera

Il avait été jeune, Santiago, quand il avait rencontré Anissa. Il n’avait été qu’un gamin, un peu perdu, parce qu’il avait été loin de chez lui. Loin de son pays et des habitudes qu’il avait eues là-bas. Il se souvenait d’à quel point il avait été perdu quand il était arrivé aux Etats-Unis après avoir quitté le Pérou. New-York, c’était différent, vraiment différent des villes péruviennes. C’était immense, c’était agité, ce n’était même pas la même langue, alors ça avait été la panique pour lui. Mais il avait rencontré Anissa et elle avait été une présence rassurante au milieu de tout ce qui semblait aller beaucoup trop vite à New-York. Il avait appris la langue, petit à petit et il avait pu communiquer avec les autres, avec elle et elle était devenue son amie. Une amie dont il ne s’était jamais séparé, peu importait les années qui s’étaient écoulées depuis le jour de leur rencontre. Anissa alors, elle était importante pour lui. Elle était vraiment importante. Elle était plus qu’une amie, elle était sa meilleure-amie et ce crush qu’il portait en lui, silencieusement depuis des années. Elle représentait tellement pour lui, qu’il savait qu’il ne pouvait pas vivre sans elle. Alors, le brun, il n’avait jamais dit ce qu’il ressentait pour elle, même quand ils avaient été tous les deux célibataires, parce que l’amour, c’était parfois le meilleur moyen de perdre quelqu’un. Il s’était dit qu’au moins, ils ne se perdraient jamais comme ça et puis après elle avait rencontré Jeffrey et elle avait été assez heureuse avec lui, pour qu’il se dise que ça lui convenait comme ça. Lui, il avait fini par rencontrer Neva et dans ses bras il avait oublié bien des choses. Tout était revenu quand elle était morte, comme si les sentiments qu’il avait eu pour Anissa n’avaient été que mis sur pause, ou endormis, pour mieux réapparaitre au moment où il s’était retrouvé avec le cœur brisé.

Il l’aimait Anissa, de toutes les façons possibles, même s’il y avait des choses qu’il ne disait pas. Alors il ne voulait pas qu’il lui arrive malheur. Il aurait voulu être capable de la protéger de tout, absolument tout, ce qui pouvait lui arriver, même d’une fausse couche dans laquelle il n’avait rien à voir, parce qu’il n’avait pas été le père de cet enfant. Il n’avait pas pu lui épargner cette douleur, alors il avait cru qu’au moins, il pourrait l’aider à s’en remettre. Il avait voulu soigner ses plaies à la blonde, même celles qui étaient les plus douloureuses, les mieux marquées dans ses chaires et dans son esprit. Là aussi, il avait échoué. C’était ce qu’il ressentait en tout cas quand il voyait la façon dont la blonde se comportait. Il se sentait impuissant aussi, parce que, quoi qu’il puisse tenter pour lui venir en aide, il n’y avait rien qui changeait. Elle n’avait pas envie que ça change, parce qu’elle ne se rendait pas compte de l’ampleur des dégâts. Il l’aimait vraiment, lui. Il avait tendance à croire qu’il pourrait tout faire pour elle. Pourtant, toute cette histoire lui avait bien fait remarquer qu’il y avait une chose qu’il ne pouvait pas faire : la regarder détruire sa vie en silence. C’était trop lui demander et ça lui faisait du mal à Santiago, alors au bout d’un moment, il ne pouvait plus la regarder faire sans broncher. Il ne pouvait plus continuer comme ça et s’il ne pouvait pas l’arrêter, alors il ne voulait juste, plus avoir à regarder ça. « Parce que tu crois vraiment que tu as besoin de demander pour que je rapplique m’assurer que tout va bien ?! » Elle n’avait rien besoin de demander, parce que c’était un besoin viscéral pour lui de s’assurer qu’Anissa aille bien. Elle était tellement importante à ses yeux que c’était naturel pour lui. Pourquoi est-ce qu’elle ne s’en rendait pas compte Anissa hein ? Pourquoi est-ce que ce n’était pas évident pour elle ? Y avait tellement de choses qui semblaient lui passer par-dessus la tête que Santiago, il commençait à avoir de plus en plus de mal à la comprendre et ça aussi, c’était blessant. « Parce que c’est toi qui te comporte n’importe comment ! » Ce n’était pas Jeffrey qui était là, ce soir dans ce bar à faire comme s’il n’était pas marié, en draguant toutes les nanas qu’il croisait. C’était Anissa qui faisait ça, en oubliant royalement l’homme qu’elle avait épousé. Peut-être bien qu’il n’était pas un grand fan de Jeffrey, qu’il en était jaloux, mais Anissa, elle avait été heureuse avec lui et lui, tout ce qu’il voulait, c’était le bonheur de la jeune femme. « Clairement, faudra pas pleurer le jour où ça arrivera. » Parce qu’elle faisait tout pour que le divorce lui tombe sur le coin du nez et vu ce qu’elle en avait à faire, elle ne pourrait vraiment s’en vouloir qu’à elle-même. « Faut bien que quelqu’un ose dire la vérité. » Ce n’était pas elle qui allait le faire. Elle n’avait de cesse de nier tout et puis de se cacher derrière des excuses bidons dont y avait bien qu’elle pour se satisfaire. « T’es sérieuse là ? » Il était encore plus vexé maintenant, comme s’il s’en foutait d’elle. Pourquoi est-ce qu’elle disait ça hein ? Parce que ce matin, elle était venue au mauvais moment ? C’était quand même se foutre de sa gueule là. Oui, il n’était pas toujours disponible, parce qu’il avait une vie, mais non, il n’avait jamais envoyé chier Anissa, parce qu’il s’en fichait qu’elle soit là ou non. « Ouais, c’est moi qui comprends rien. » Evidemment que c’était lui le problème dans toute cette histoire, parce qu’Anissa elle, elle ne se remettait jamais en question. « J’me venge de ce matin ? N’importe quoi, sérieusement ! J’en ai juste ras-le-bol de te voir faire n’importe quoi et de juste me taire ! » Il l’avait fait assez longtemps comme ça, maintenant, il ne le supportait. Alors il avait commencé à s’éloigner, à elle de voir ce qu’elle voulait faire maintenant. Elle le suivait, c’était déjà ça, au moins, elle n’en avait pas complètement rien à faire de sa tronche. « Ouais, c’est pas à toi de le décider ça. » Elle pouvait bien juger toutes ses compagnes, ses coups d’un soir si elle en avait l’envie, ça ne changerait rien. Il avait bien le droit de faire ce qu’il voulait de sa vie sexuelle, ce n’était pas à Anissa de décider quoi que ce soit, parce qu’elle n’était après tout, que sa meilleure amie.
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MessageSujet: Re: (anissa), misery loves company.   Ven 2 Nov - 21:17


misery loves company
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Ça fait bien longtemps, qu’elle n’attend plus l’avis de qui que ce soit. Qu’elle ne cherche pas l’aval, l’encouragement, l’accord de quelqu’un d’autre. Pas même de Jeffrey, et surtout pas de Santiago – quand il est pourtant celui qui, de tous temps, a compté le plus pour elle. Elle n’a pas envie malgré tout, qu’il ait un avis négatif sur elle. Qu’il soit déçu, blessé. Qu’il croie ne plus la reconnaître, qu’il croie qu’elle n’est plus la même. Parce qu’elle est persuadée de ne pas avoir changé, persuadée d’être toujours la même personne – à laquelle seul le poids de la douleur, s’est ajouté. C’est précisément pourtant ce qui change la donne, elle n’est plus la même qu’avant, parce qu’elle ne sait pas gérer la souffrance qui s’est emparé de son cœur depuis sa fausse-couche. Ça l’a fragilisée, affaiblie, parce que ça lui a fait du mal, parce que c’est comme si une partie d’elle s’était envolée avec ce bébé encore loin d’être formé. C’était trop tôt pour lui de partir, c’était trop tôt pour le laisser le faire, parce qu’Anissa, elle s’était déjà attachée à ce petit bout de vie qu’elle ne retrouvera jamais plus. Peut-être qu’il y en aura un autre, peut-être qu’elle retombera enceinte, mais ce ne sera pas le même enfant, pas la même âme, pas le même cœur, même si le fœtus était trop petit encore pour être appelé bébé. Elle ne sait même plus maintenant, si elle y arrivera un jour, parce qu’elle croit que ce serait douloureux, de revivre la même peine, celle-là même qui l’achève, un peu plus, de jour en jour. Elle fait n’importe quoi, Anissa, depuis ce jour-là ; elle ne réfléchit pas. Parce que c’est plus simple, comme ça. Tant pis si ça déçoit les autres, les autres ils ne comprennent pas. Tant pis si ça blesse les autres, les autres ne pourront jamais comprendre ce mal-là. C’est égoïste, égocentrique, incroyablement injuste, et un beau jour, peut-être le regrettera-t-elle, s’en voudra-t-elle – quelque part, c’est déjà le cas, parce qu’elle a conscience de tous ces défauts qui ont surgi, mais elle a trop mal pour essayer de tout arranger, pour essayer de se faire pardonner, ou même pour avancer, tenter de se relever. Elle n’a plus la foi, Anissa, ni la force, ni l’espoir, trop de choses se sont enchaînées, accumulées – lui ôtant toute volonté. Alors elle abandonne, elle laisse tomber, parce que c’est trop dur de continuer comme si de rien n’était. Voilà pourquoi elle se fout de se mettre la tête à l’envers, même de flirter avec d’autres hommes, de jouer avec le feu et de tromper, d’une certaine façon, Jeffrey. Elle s’en fout sans vraiment s’en foutre, mais elle agit comme si elle ne s’en souciait pas, guidée par une pulsion d’autodestruction qu’elle ne s’explique pas. Ce n’est pas elle, mais c’est plus facile d’être comme ça, que d’affronter le monde en assumant sa perte, sa douleur, plutôt que d’affronter le regard de ces autres qui comptent. Qu’importe, que Santiago ne la regarde plus qu’avec déception ; tant qu’il la regarde, c’est tout ce qui importe. Peut-être qu’un jour, elle se bougera, réalisera qu’elle ne veut pas qu’on la voie comme ça. En attendant, elle fait n’importe quoi, Anissa.

Il semble que rien ni personne ne pourra l’arrêter – qu’il n’y a qu’elle, qui peut le décider. C’est comme si elle en avait eu marre, d’être celle qu’elle était. Comme si elle en avait eu marre, d’être celle que les autres voulaient. Elle est déçue elle aussi, des autres, de son père en premier, aussi un peu de Jeffrey. Et elle est fatiguée, de lutter, alors elle a cessé d’essayer. Elle ne changera rien pour Santiago, quoi qu’il puisse signifier ; à quoi bon, ça ne changerait rien. Ça n’améliorerait rien. Ça n’effacerait pas la peine, ça ne la ferait pas se sentir bien. Il ne trouve pas la meilleure façon de la réconforter, tout ce qu’il fait, c’est l’engueuler. C’est mérité, elle l’a cherché, et peut-être est-il le seul qu’elle voudrait bien écouter ; mais avec tant d’alcool dans le sang, avec sa fierté si mal placée, avec son obstination exaspérante, elle n’admettra jamais qu’il a raison. Elle préfère lutter – dans l’autre sens, lutter contre l’aide qu’on essaie de lui apporter. Elle ne lutte plus pour s’en sortir, elle lutte pour s’enfoncer, voilà la dure réalité. Et Santiago ne l’acceptera jamais, et quelque part, elle le sait. Mais c’est pas suffisant pour la calmer. Pas suffisant, pour l’arrêter. Peut-être même ne le fera-t-elle jamais. « Ça t’éviterait de perdre du temps en venant pour rien. » qu’elle se contente de répondre, parce qu’elle a pas eu de meilleure idée que celle d’empirer plus encore les choses, jetant de l’huile sur le feu, enchaînant les provocations, pour elle ne sait trop quelle raison. C’est la preuve qu’elle ne sait plus trop ce qu’elle fout, ce qu’elle cherche, ce qu’elle attend – à ce stade, ce n’est plus qu’elle se laisse vivre, c’est qu’elle creuse sa tombe de toutes les façons possibles. C’est peut-être con, c’est aussi désespéré, c’est la preuve qu’elle ne sait plus où elle en est, qu’elle est fatiguée. « Ouais, c’moi la méchante dans l’histoire. » Evidemment qu’elle l’est, évidemment qu’elle le sait, évidemment qu’elle n’en est pas fière, Nissa. Evidemment qu’elle est la connasse, l’égoïste, l’insensible, celle qui se fout de ce que les autres peuvent ressentir, à cause d’elle. Evidemment que Jeffrey, il est à plaindre, évidemment qu’il est mieux qu’elle. Elle le sait, tout ça, c’est aussi pour cette raison qu’elle se met la tête à l’envers, Anissa. Elle est faible, elle est lâche, et elle n’est pas capable d’affronter tout ça. « Une fois de plus ou de moins, on n’est plus à ça près. » qu’elle lâche dans un murmure, pas décidée à s’étendre sur le sujet. « Woah ! Mon sauveur ! » Et elle rigole en plus, davantage influencée par l’alcool que par réel amusement, parce qu’elle refuse de laisser la morosité la rattraper, quand elle croyait enfin s’en être débarrassée. Mais Santiago, il retourne le couteau dans la plaie, ne semblant pas vouloir la laisser. « Ouais, exaxtecment ! » qu’elle bafouille, dans un moment d’agacement, en perdant sa prononciation. « Et moi j’en ai marre qu’tout l’monde me regarde avec pitié, qu’tout le monde me rappelle constamment c’que j’ai vécu ! J’en ai marre d’pas réussir à dormir, d’y penser tout le temps, d’avoir tout le temps les images en tête ! Et t’sais quoi ? J’en ai marre d’pas oublier ! D’pas oublier que mon père était même pas foutu d’pas gâcher un truc bien, d’pas oublier ce qu’il a fait ! D’pas oublier que Jeffrey voudrait réessayer ! J’en ai marre qu’il m’regarde comme si j’étais une poupée fragile, j’en ai marre d’l’entendre m’dire que j’devrais arrêter le travail ! J’en ai marre d’avoir l’impression que tout le monde, tout le monde sait c’qu’il y a de mieux pour moi ! Alors que y’a personne, personne qui sait rien, d’tout ça. » Et ça lui a demandé une concentration monstre, pour débiter tout ça, à Anissa. « Alors ouais, hein, t’en as marre d’taire, marre de c’que j’fais, tu t’fous d’mon avis, mais d’façon, j’attends pas ton autorisation pour quoi que ce soit. C’pas à toi d’décider non plus. » Et tant bien que mal, elle cherche ses cigarettes dans son sac, recherche rendue difficile par l’alcool toujours présent, quoi qu’il s’estompe peu à peu. « Pas b’soin de me raccompagner, j’vais appeler un Uber. » Et elle se détourne pour cacher ses yeux brillants, brillance qui n’a plus rien à voir avec l’alcool – et elle s’allume sa foutue clope, se jette dessus comme pour reprendre contenance, tant bien que mal.
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