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 my nerves, they give me a sign, tell me i'm not fine (emrys)

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MessageSujet: my nerves, they give me a sign, tell me i'm not fine (emrys)   Jeu 12 Juil - 0:18


emrys & anissa
my nerves, they give me a sign, tell me I'm not fine


Elle garde les mêmes habitudes, faute de repères. Ou peut-être est-ce juste plus facile ainsi, parce qu’elle a trop peur de se bouger, de partir en territoire inconnu. C’est bien pour ça qu’elle s’accroche à son mariage, tout en même temps qu’elle fout tout en l’air ; c’est peut-être pour ça aussi, qu’elle place tellement de choses sur les épaules de Santiago – trop d’attentes, trop de confessions aussi. Il est celui qu’elle ne peut pas perdre, le dernier qui lui reste, peut-être. Alors elle l’entraîne dans ses mensonges, dans ses flirts avec l’interdit, sans réellement lui demander son avis. Elle ne le fait jamais vraiment, elle ne lui laisse pas le droit d’être en désaccord, même s’il ne se prive jamais pour le lui faire savoir quand c’est le cas. Mais Anissa, elle ne l’écoute pas ; elle est toujours là avec son foutu caractère, trop fière. Pourtant, c’est pas rentré dans une oreille pour ressortir par l’autre, ce qu’il a dit l’autre fois – ça a juste eu le don de l’achever un peu plus ; faut croire qu’après que tout le monde l’ait déçu, c’est elle qui déçoit celui qui reste son ami depuis vingt ans. C’est du moins l’impression qu’elle a, et pourtant elle reste dans cet espèce de déni, refusant de se remettre en question – le faire, ce serait perdre les habitudes, les repères. Le faire, ce serait prendre conscience vraiment de ce qui ne va pas, et ça induirait sans doute une décision pour arranger les choses ; ça induirait faire face, et elle ne le veut pas. Alors elle préfère se taire, ne jamais se remettre en question, et puis sortir encore, et encore, éternellement, et boire jusqu’à oublier qui elle est, pour finir sur le canapé de Santiago, parce qu’elle n’a pas l’esprit assez clair pour rentrer toute seule. Peut-être est-ce ce qu’elle cherche, dans le fond ; peut-être que ce n’est pas qu’une question de pouvoir fuir son quotidien, ce mari qui l’étouffe et lui rappelle constamment sa peine – peut-être que c’est tenter d’exister, désespérément, et tenter d’exister différemment, dans le regard de cet autre homme qui la verra toujours comme celle à protéger, et peut-être qu’Anissa, elle en a assez. Pourtant, elle ne comprendrait pas, elle ne l’a jamais véritablement fait – elle n’a jamais voulu confondre la force de leur amitié et d’autres sentiments équivoques ; le problème, c’est que c’est tellement intense, que les limites et les démarcations se perdent trop souvent, dans cet océan d’affection et d’inquiétude – à tel point qu’on pourrait se demander, où commence et où termine leur amitié. Mais se poser des questions là-dessus, ça aussi, ça l’éloignerait de ses habitudes, quand bien même elle a parfois regretté la différence d’âge, l’écart qui ne serait plus tellement important aujourd’hui, mais qui l’a été fût un temps, suffisamment pour qu’il ne la remarque jamais – l’écart suffisant pour qu’il la place en amie-sœur, toujours, davantage qu’en amante.

Mais évidemment, elle est à des lieues de se faire des réflexions du genre, la blonde – parce qu’elle a bien plus en tête. Elle a plus important, et en même temps elle fuit. Et elle continue ses bêtises, et Santiago est toujours là pour les réparer, pour prévenir Jeffrey ; c’est elle qui se met en position de demoiselle en détresse, de petite sœur ayant besoin d’être protégée – mais au moins, durant ces quelques instants, elle compte, elle est centre du monde, et c’est finalement peut-être tout ce qu’elle recherche. Dans le fond, elle a toujours été comme ça, trop habituée à être fille à papa, à avoir tout ce qu’elle voulait, à faire converger l’attention vers elle – c’est quelque chose qui a toujours agacé sa sœur aînée, d’ailleurs. Et en grandissant, elle n’a pas vraiment changé, Anissa, en dépit des qualités qui peuvent subsister à côté ; elle est toujours là à rechercher l’attention, sans s’en rendre compte. Et en même temps ce qui la pousse à faire n’importe quoi, c’est aussi, et surtout la douleur, l’impression d’être perdue et de ne plus vraiment savoir ce qu’elle veut, ni qui elle est, tant elle a l’impression que la vie n’est qu’une succession éternelle de déceptions. C’est ce qu’elle cherche à oublier en s’enfilant les verres, chaque soir plus vite que la veille, comme pour tester sa résistance, comme pour voir si un jour elle pourrait devenir plus faible. Et en même temps ce soir, elle n’a pas forcément les mêmes projets que d’habitude, Nissa, en tout cas elle s’est dit qu’elle serait plus raisonnable – de toute façon, ce soir, ce n’est pas nuit de fête, pas un soir à faire n’importe quoi, à rentrer à pas d’heure et à flirter avec n’importe qui. Peut-être même que durant un instant, elle s’est dit qu’elle serait raisonnable, pour une fois. Peut-être qu’elle tient malgré tout à l’image qu’elle renvoie, la blonde ; peut-être que c’est pas grave si elle déçoit Santiago, au point où elle en est – peut-être qu’elle ne veut pas le faire pourtant, avec Emrys. Peut-être qu’elle veut préserver ses amitiés plus récentes, comme si elle craignait que ça disparaisse tout aussi vite que c’est apparu. Peut-être qu’elle a conscience du danger qui plane sur ses autres relations proches, elle sait pas. Toujours est-il qu’elle arrive souriante, presque comme avant – et enthousiaste, dès qu’elle aperçoit Emrys, elle se hâte pour venir s’asseoir à ses côtés. « Hey. » A la voir comme ça, on ne devinerait pas qu’elle a perdu du même coup, un père, un bébé et des illusions – qu’elle n’est plus que le symbole personnifié de la déception. Ce n’est peut-être qu’une image qu’elle s’efforce de renvoyer ; faut dire que c’est toujours plus facile de sourire, que d’expliquer. Et Anissa, elle veut pas qu’on voit, comme ça ne va pas. Alors c’est peut-être plus simple, comme ça. « T’as déjà commandé, ou tu m’as attendue ? » qu’elle demande, sourire en coin. Faut croire que quelle que soit l’occasion, elle n’oublie jamais les priorités, la blonde. Elle a pas oublié de fumer sa clope avant de venir, non plus – histoire de bien s’intoxiquer, de bien se tuer physiquement, comme si ça ne suffisait pas, qu’elle détruise un peu tout le reste.

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MessageSujet: Re: my nerves, they give me a sign, tell me i'm not fine (emrys)   Dim 22 Juil - 22:02

My nerves, they give me a sign, tell me i'm not fine

◄ ►
Emrys, il a toujours fait passer les autres avant lui. Qu’il s’agisse de leur bien-être, de services à rendre ou de soutien, c’est comme ça, ancré dans sa nature, et ça n’est pas près de changer. Il donne beaucoup, de lui-même le plus souvent, mais aussi de son argent ou de son temps pour aider ceux qui en ont besoin, peu importe qui, et il est très rare qu’il demande quoi que ce soit en retour, même si ça fait mal parfois, même si certains ne le méritent peut-être pas. Parce qu’au fond, Emrys a terriblement peur de l’abandon, alors il donnerait n’importe quoi pour ne pas être volontairement oublié, laissé derrière comme s’il n’en valait pas la peine. C’est une pensée qui le terrifie, qui le hante parfois jusque dans ses songes lors de nuits où il n’a pas la chaleur d’un autre corps à ses côtés pour le maintenir éloigné de ces cauchemars. Le jeune homme a beaucoup de mal à dormir paisiblement lorsqu’il n’a rien à quoi se raccrocher dans son sommeil. Et la présence de Wolverine, même s’il est probablement le plus affectueux des chats que cette terre ait jamais porté, n’est parfois pas suffisante pour empêcher ses démons de franchir le seuil de sa porte, puis les barrières de son propre esprit. Alors il se met à la recherche de contact, parfois jusqu’à se brûler les ailes, juste pour s’enivrer de la présence d’un autre et se dévouer entièrement à elle. Il met efficacement de côté ses propres ressentis et les signaux de détresse envoyés par son corps, parce qu’ils sont moins importants que ceux des autres. C’est un jeu auquel il a appris à jouer depuis si longtemps que c’est devenu un réflexe, une habitude qu’il ne peut plus refreiner. Il se souvient de ces soirées qui ont trop souvent mal tourné, où c’était lui qui s’efforçait de veiller sur les autres malgré son état catastrophique et son esprit imbibé par l’alcool. Il se souvient d’avoir tiré des amis et même de parfaits inconnus par le pied pour les empêcher de prendre le volant, ou d’avoir planqué les clés quelque part et ne plus être capable de les retrouver le lendemain, ou encore d'avoir écouté quelqu'un parler de ses problèmes jusqu'à ce qu'ils s'endorment l'un contre l'autre. Des souvenirs embrouillés, des bribes de conversations et des situations pathétiques qui le font sourire quand même, surtout lorsqu’il pense au fait que son père n’avait aucune idée de ce qu’il se passait réellement pendant ces fameuses soirées de "révisions".

Même après tant d’années, il garde cette bienveillance naturelle et protectrice à l’égard de ses proches, car l’accident de sa mère lui aura au moins appris qu’il faut les chérir avant qu’il ne soit trop tard. C’est justement pour cette raison qu’Emrys se trouve là, assis à la table d’un bar de son quartier, à Williamsburg. Comme à chaque fois, l’ambiance en soirée y est agitée mais pas de façon désagréable, Williamsburg est un quartier qui bouge, qui se veut moderne, ouvert au changement, à la tolérance et à l’ouverture d’esprit. Pourtant ce soir, l’humeur du jeune homme ne s’y prête pas réellement. Ce soir, et depuis quelques jours déjà, quelque chose le tire inexorablement vers le bas sans qu’il ne puisse rien y faire, à part contempler sa propre chute. Il se sent… mal, comme étranger à son propre corps, comme si quelqu’un d’autre l’avait remplacé et que sa présence anormale l’empoisonnait à mesure que les jours passaient. Il ne saurait pas identifier d’où vient le problème ou ce qui l’a déclenché, il espère juste que la présence d’Anissa suffira à l’apaiser, comme beaucoup d’autres fois. Anissa, ou ce petit bout de femme blonde qu’il veut protéger par tous les moyens. C’est précisément pour ça qu’il n’a pas trouvé, et ne trouvera probablement jamais, la force de refuser son invitation, même s’il ne se sent pas d’attaque pour quoi que ce soit en ce moment. Emrys fixe un point invisible sur la surface de bois de la table, le regard dans le vide. Malgré son humeur, un grand sourire vient spontanément courber ses lèvres lorsqu’Anissa se présente enfin. "Salut." Elle s’installe, engage la discussion, mais Emrys a déjà vu que quelque chose n’allait pas. Ce sont peut-être ses mouvements un peu rigides, le ton de sa voix ou son sourire, mais un détail dans son attitude lui souffle que quelque chose ne va pas. Il perçoit aussi des effluves de cigarette, discrètes et denses à la fois. Emrys hait la cigarette, mais il ne relève pas. "Je t’ai attendue. Dis-moi tout, je vais aller commander." Et il s’éclipse quelques secondes, juste le temps qu’il lui faut pour s’efforcer de remettre ses propres pensées dérivantes en ordre. Il veut juste ne pas être un poids de plus pour la jeune femme. "Ça va ?" Demande-t-il en se rasseyant. Plus qu’une question, il vient saisir sa main en un contact bref, appuyé d’un regard franc, qui transmet ce qu’il n’a pas dit sous forme de mots. Rappelle-toi juste que je suis là, si tu as besoin.

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Dernière édition par Emrys Myers le Sam 15 Sep - 12:24, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: my nerves, they give me a sign, tell me i'm not fine (emrys)   Dim 5 Aoû - 15:03


emrys & anissa
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Sa vie n’est devenue qu’une succession d’éternels recommencements. Elle n’innove plus, ne prend pas de réels risques, elle reste dans son déni et son confort – elle ne sait plus les quitter, elle ne sait plus se débrouiller ; et surtout, elle est terrifiée. Elle a peur du monde, Anissa, parce qu’elle est brisée ; elle a peur du monde, si elle perd les derniers repères qui lui restent. Alors elle s’accroche, précisément, à ce qui lui reste. Elle s’accroche à ses clopes, elle s’accroche à son job, elle s’accroche à l’alcool – elle s’accroche à Santiago. Elle lui fout la pression, elle lui fait des crises de jalousie, se veut le centre de son monde et se plaint, quand elle ne l’est pas – elle voudrait qu’elle soit son monde, mais il ne le voit pas. Même elle, dans le fond, elle ne comprend pas, elle se voile encore la face. C’est plus simple, ce serait trop compliqué de comprendre, de s’expliquer. Ça inclurait trop de choses, trop de changements, trop de décisions à prendre – à commencer par arrêter son mariage. Ce serait peut-être la chose à faire, mais Anissa, elle ne s’y résout pas. Elle a beau être détestable, trop souvent froide, avec celui à qui elle a pourtant promis amour et fidélité, elle n’arrive pas à penser à partir, c’est une solution qui ne traverse même pas son esprit. Peut-être qu’elle n’est pas prête, à tirer un trait sur une histoire aussi vieille, à laisser derrière elle les souvenirs et les sentiments, qui se sont développés, multipliés, avec le temps. Ou peut-être qu’elle ne veut tout simplement pas être seule. Ou encore, qu’elle ne veut pas le laisser à d’autres. Peut-être qu’elle veut être le centre de son monde, à lui aussi – trop habituée à avoir toute l’attention sur elle. Et il l’alimente encore, Jeffrey, cet égocentrisme, ce besoin d’attention, mais elle, ça l’énerve, en même temps. Alors c’est peut-être autre chose, c’est peut-être plus complexe. C’est peut-être qu’après plusieurs années de mariage et plus encore d’années à l’aimer, après une histoire comme la leur, elle n’est pas prête à voir tout s’envoler comme ça, en un claquement de doigts. Ça chamboulerait trop son quotidien, même si c’est la meilleure chose à faire, même si son amour s’essouffle. Même si, dans le fond, il ne compte pas autant qu’un autre – ne l’a jamais fait, malgré les promesses prononcées devant l’autel. Elle en a assez, des changements, Anissa, elle est fatiguée de voir tout s’effondrer, constamment. Elle ne sait pas bien ce qu’elle voudrait, mais ce qu’elle ne veut pas, c’est qu’on la déçoive encore une fois. Finalement, elle en a marre de beaucoup de choses mais regrette de ne pas avoir davantage – peut-être qu’elle est juste chiante, capricieuse, ou qu’elle a le goût de la contradiction. Peut-être aussi qu’elle est tout simplement paumée, qu’elle ne sait plus trop, où elle en est. C’est finalement l’explication la plus plausible, parce qu’elle savait être adorable, avant. Maintenant, elle a de plus en plus souvent l’impression d’être une garce, même si elle ne se l’admet pas vraiment, pas complètement. Elle était adorable, avant, mais maintenant, c’est changeant. Ça varie selon l’humeur, selon le jour, selon sa patience. Selon les gens, sans doute.

Elle a l’impression que c’est avec Santiago, qu’elle a été la plus insupportable, quand bien même elle ne fait pas de cadeaux à Jeffrey. C’est sans doute lui qui subit le plus sa douleur, au quotidien, même si elle ne parle pas de ce qui ne va pas – elle passe son temps à fuir le domicile, elle passe son temps à écourter les conversations, ça ne règle rien et lui, il attend. Mais elle s’est murée dans un profond égoïsme pour tout ce qui le concerne, Anissa, alors encore une fois, elle ne voit que Santiago. Elle voit son comportement de l’autre fois, et lui accourant quand même, le soir, trop inquiet. Elle est l’égoïste qui lui tape des crises de jalousie, l’ingrate qui n’en a jamais assez, la frustrée qui ne peut s’en empêcher. Elle aime pas voir qu’il y arrive, lui, qu’il se remet, qu’il avance, malgré le décès de sa femme. Elle aime pas voir qu’il s’en sort, tandis qu’elle en reste au même point – peut-être que, quelque part, elle pensait que leurs peines pourraient les rapprocher, d’une certaine façon, eux qui sont déjà tellement proches, depuis tant d’années. Peut-être qu’elle était juste déçue alors, de voir qu’il avançait. Ou peut-être qu’elle était déçue, que ce ne soit juste pas elle, la fille qu’il se tapait, quand elle a débarqué, dérangeant une scène à laquelle elle aurait préféré ne pas assister. Elle vivait dans le déni, avec lui, préférant faire comme si Santiago, n’avait pas de vie sexuelle, pas d’histoire. Parce que dans le fond, elle n’a jamais voulu le partager – et c’est cruel, mais elle pensait qu’après Neva, il n’y aurait plus personne, elle pensait qu’il n’y aurait plus qu’elle, encore une fois. Alors elle a pété son câble, ingrate, cruelle, indifférente, jalouse. Elle vit dans le déni depuis de trop longues années, mais agir pour y changer quelque chose, lui ferait perdre encore une fois ses repères. Alors elle se tait, elle ignore, les battements plus forts de son cœur. Et elle sort, et elle boit, et elle fume, et elle n’est pas là, et elle sourit tout en ayant mal, et qu’elle se crée une image, pour éviter de répondre aux questions. Pourtant, il y en a encore avec lesquels elle fait exception. Emrys en fait partie, et pour une raison inconnue, il est de ceux qu’elle veut épargner, ceux avec lesquels elle ne veut pas tout gâcher ; il est de ceux avec lesquels elle est naturelle, presque adorable, comme avant, mais peut-être pas complètement – c’est difficile à dire, maintenant, ça fait trop longtemps qu’elle n’est plus comme avant. « Merci. » Elle est là souriante, mais pas lumineuse, pas comme avant. La joie de vivre est loin, et la peine, trop présente – elle n’est que l’ombre d’elle-même, mais sa fierté la pousse à s’acharner, tentant de reprendre le dessus sur sa noirceur, pour retrouver son enthousiasme passé. Et puis Emrys, il lui demande si ça va, et elle voudrait répondre avec assurance que oui, bien sûr, c’est le cas, mais elle se stoppe en ouvrant la bouche – parce qu’il n’est pas de ceux, auxquels elle veut mentir. Elle croit qu’il est de ceux qui méritent la vérité, l’honnêteté. Elle croit que ce serait égoïste, que de taire la douleur, que de dire que ça va. Ça ne va pas, c’est un fait, et nier face à Emrys serait vexant pour lui. « On fait aller. » Ce n’est pas totalement vrai, mais ce n’est pas totalement faux, ça cache une partie mais ça en dévoile suffisamment, pour faire comprendre l’état d’esprit, pour comprendre que ça pourrait aller mais que ça ne va pas, qu’en attendant on fait semblant, dans l’espoir que ça change. M’enfin, elle ne sait pas vraiment si elle a envie que ça change, Anissa, parce qu’avec le temps elle a pris goût à sa noirceur – peut-être qu’elle perdrait ses repères, aussi, si elle n’était plus là. « Et toi ? » Elle lui sourit quand même, et dans son sourire se ressent sa gratitude, parce qu’Anissa, elle est touchée, de voir qu’il s’en soucie, qu’il est là, qu’il le lui fait comprendre. Elle s’expliquera peut-être, elle ne sait pas, mais en attendant, elle lui retourne la question, parce qu’elle n’est pas si égocentrique, parce qu’elle se soucie d’Emrys, aussi. Alors sa question est sincère, quoique peut-être banale. « Ça faisait longtemps que tu attendais ? » Elle a besoin de temps pour parler, pour exprimer le fond de son cœur, pour s’expliquer. Elle a besoin de temps avant d’évoquer tout ce qui peut lui peser, alors elle a choisi la simplicité, une question détournée, avant d’attaquer. Parce qu’elle sait que ça arrivera, parce qu’elle sait qu’elle en parlera. Elle le pressent, déjà.


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MessageSujet: Re: my nerves, they give me a sign, tell me i'm not fine (emrys)   Ven 31 Aoû - 15:04

En fait, ça ne faisait pas si longtemps qu'ils se connaissaient tous les deux, mais Emrys se sentait très proche de ce petit bout de femme blonde. Et il savait que du point de vue d'Anissa, c'était à peu près la même chose, à quelques différences près peut-être. Probablement parce qu'ils partageaient de nombreux points communs. La musique, l'art de façon plus globale, les chats aussi. Après tout, la première fois qu'ils s'étaient rencontrés, c'était parce que l'un de leurs matous avait décidé de faire un tour en ville pendant quelques jours, de longs jours d'angoisse pour le bien-être de son félin. Pour peu qu'on aime les animaux, on avait pas d'autre choix que de s'attacher à ces boules de poils, aussi insupportables soient-elles parfois. Le pire, c'était les poils —quand Wolverine commençait à en perdre, ça ne s'arrêtait plus jusqu'à ce que les températures chutent à nouveau pour de bon. Le jeune homme était passé une ou deux fois devant ces affiches qui suppliait à tous les passants de contacter le numéro renseigné juste en bas si on voyait le félin de la photo. Emrys l'avait vu, l'avait attrapé et seulement après, s'était inquiété de savoir s'il s'agissait du bon individu. De toute façon, il aurait probablement emmené ce chat au refuge le plus proche si ça n'avait pas été le cas. Les chats errants ne vivaient pas dans de grandes villes comme Brooklyn, ils survivaient du mieux qu'ils pouvaient, et ça lui fendait le cœur de voir ça. C'était comme ça qu'il avait rencontré Anissa, grâce à un chat disparu, et puis ils s'étaient revus à l'occasion de l'organisation d'une expo sur les vieux modèles de voitures de son groupe. Chaque occasion était bonne pour faire de la pub positive pour sa marque, ça n'avait pas loupé. Il fallait qu'au moins un représentant de l'entreprise se trouve sur les lieux et c'était tombé sur lui. Ça l'avait un peu surpris de la revoir, sachant que personne ne l'avait prévenu qu'il aurait affaire à elle, mais la surprise initiale passée, il était content d'avoir travaillé avec elle. C'était une femme intelligente et passionnée avec laquelle il avait aimé collaborer, même s'il avait senti que quelque chose n'allait pas. Et comme à chaque fois qu'il sentait ce genre de choses, il n'avait pas pu s'empêcher de chercher à savoir quoi.

Anissa n'était pas quelqu'un qui s'exprimait facilement sur ce qu'elle ressentait, il l'avait tout de suite compris et n'avait jamais essayé de la forcer à lui avouer quoi que ce soit. Il partait du principe que forcer les gens ne les aideraient pas à se sentir mieux et qu'il ne voudrait pas qu'on lui fasse subir la même chose. Emrys était au courant de peu de choses quant à sa vie et tout ce qu'elle traversait en ce moment, mais peu de gens pouvaient le tromper. En tant que vice-président d'un si grand groupe, il était en contact régulier avec des gens qui étaient chaque jour différents, c'était un métier qui lui allait bien, pour lui qui cherchait constamment la compagnie humaine, et c'était bien la seule dimension de son job qui lui plaisait toujours autant. Discuter, débattre, évaluer, tout ça pour arriver à des compromis dans le respect de l'autre, de ses besoins et ses ressources. C'était plus enrichissant qu'on pouvait le croire, car si la communication passait essentiellement par la voix, les gestes et l'attitude de son interlocuteur comptaient tout autant. À force de ces années de travail et de ces innombrables rendez-vous, Emrys avait aiguisé son sens de l'observation. Bien sûr, dans ce milieu la manipulation était monnaie courante et il lui arrivait encore de se faire avoir, mais il apprenait chaque jour un peu plus et ses proches n'étaient pas comme ça. Alors il le voyait tout de suite quand l'un d'eux n'allait pas bien. Un peu comme un gros néon rouge et brillant qui disait "je ne vais pas bien" ou "j'ai besoin d'aide". Aucune stratégie n'était fixée d'avance, chaque situation étant différente, le jeune homme prenait d'abord le temps d'observer avant de réagir.
Anissa en était le parfait exemple. Emrys décelait beaucoup de choses chez elle. Au début, ça l'avait pas mal perturbé, au point de ne pas savoir comment réagir, que faire et quoi dire. Il avait vite saisi que s'il faisait la grossière erreur de trop la pousser, elle se braquerait et ne s'ouvrirait peut-être plus jamais à lui. C'était quelque chose qu'il voulait éviter à tout prix, même si l'envie de lui venir en aide le démangeait atrocement parfois, il se forçait à prendre du recul et lui laisser le temps. Alors quand la jeune femme ne lui répond pas par un mensonge, un "ça va" qui leur aurait laissé un goût amer à tous les deux, il se sent presque flatté, même si ce mot est en vérité très mal choisi. Anissa fait l'effort d'être honnête avec lui, peut-être pas totalement, il s'en doute, mais même si ce n'est qu'une demi-vérité et qu'au fond il le sait, il décide d'être honnête lui aussi. Un peu comme un échange de bons procédés. Ça ne lui a jamais posé problème, mais il sait à quel point parler à cœur ouvert peut représenter un vrai défi pour certaines personnes. "Plus ou moins." Il poursuit le jeu des phrases détournées. Il aurait voulu rajouter quelque chose comme "ça tire plus vers le moins, en fait", mais les mots sont bloqués au fond de sa gorge. Emrys déteste être comme ça. Ça arrive toujours sans prévenir —c'est faux, les signes précurseurs de son mal-être se manifestaient depuis quelques jours déjà, il a juste préféré les ignorer, c'est tellement plus simple après tout— et ça le rend… trop vulnérable, à trop de choses et trop de gens. Y compris à Anissa. Il ne veut pas être un poids de plus pour elle. Il est celui qui est censé l'aider, non ? Pourtant une partie de lui-même ne trouve pas la force de lui mentir. Il espère juste que cette bulle d'angoisse qui enfle doucement en lui ne le trahira pas trop vite. "Un peu." Sa réponse est volontairement évasive. Il pense avoir saisi le double sens de sa question. Une vague odeur de cigarette flotte encore dans l'air, Emrys sait qu'elle a pris le temps de fumer sa clope avant de venir mais il ne peut pas réellement lui en vouloir. Là où d'autres lui rappeleraient probablement le danger du tabac, il pense que le problème est plus profond alors il ne dit rien. Après tout, il avait bien trouvé refuge dans les relations alcoolisées d'un soir et les soirées qui n'en finissaient plus quand il était étudiant, pour oublier la haine qu'il voue encore aujourd'hui envers son vieux con de père. Tout ça n'était pas plus sain que la clope, alors qui était-il pour donner des leçons ? "Mais une nuit, c'est long. On a tout le temps qu'il faut." En fait, il ne pourra sûrement pas tenir debout toute la nuit, sauf si ses angoisses le saisissent encore une fois et le tiennent éloigné du repos dont il a tant besoin. Il y a bien un moment où son corps lâchera tout seul toute prise sur le réel. Avec un peu de chance, il se sentira mieux le matin d'après. En tout cas, il sait que si ses pires angoisses n'étaient pas là pour lui refuser le sommeil qu'il mérite, sa bienveillance envers Anissa se chargerait de le maintenir éveillé toute la nuit s'il le fallait. Un mal pour bien.


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MessageSujet: Re: my nerves, they give me a sign, tell me i'm not fine (emrys)   Jeu 13 Sep - 15:28


emrys & anissa
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Peut-être qu’on prend goût à la douleur. Peut-être que c’est comme une drogue, le malheur. Peut-être qu’une fois qu’on y a goûté, on ne peut plus s’en lasser. Peut-être que ça donne juste l’impression d’être en vie. Peut-être aussi, que c’est tout ce qu’Anissa a trouvé, pour s’occuper. Elle aurait pu prendre du temps pour elle, pour se reposer, pour avancer, pour se remettre de la fausse couche, mais elle ne l’a pas fait. Elle aurait pu prendre du temps aussi, pour la mort de son père, pour le deuil, pour accepter qu’il est parti, mais elle ne l’a pas fait non plus. Elle aurait pu aller voir un médecin, consulter pour parler de tout ce qui s’est passé, mais elle n’a pas fait, non plus. Elle aurait pu ne serait-ce que s’ouvrir à propos de tout ça avec Jeffrey, mais elle ne l’a pas fait, encore. C’est devenu comme un tabou, même avec Santiago – surtout, avec Santiago. C’est comme si ça n’était pas arrivé, comme si ça n’existait pas. Comme s’il n’y avait pas eu, un moment, un bébé – comme si son père ne l’avait pas déçue, blessée, après avoir trépassé. Elle nie l’évidence, Anissa, elle sourit grand si bien qu’on n’ose pas. Lui demander, si ça va. Lui parler, de tout ça. Alors elle entraîne les autres dans son déni, dans ses mensonges à elle-même. Tant que tout le monde joue le jeu, elle sourira, ça ira ; les allusions à la plaie béante de son cœur, elle n’apprécie pas. Ou plutôt, ça dépend des fois. Ça dépend, des gens. De sa tolérance. De leur relation. Parce qu’inconsciemment, elle en attend plus de Jeffrey, de Santiago – ceux qui savent tout de ses peines. Pourtant, il en est plus ou moins de même avec Emrys ; mais elle ne sait pas, il y a avec lui quelque chose de différent. Elle est plus calme, plus douce, plus vulnérable, plus elle-même – celle qu’elle était, avant tout ça. Peut-être que les exceptions de Jeff et Santiago sont dues à des raisons plus profondes. A des choses inavouées, à des désirs secrets. Parce qu’il se trame entre eux quelque chose de plus important, que ce qu’elle veut bien dévoiler, Nissa – y compris à elle-même. C’est quelque chose qui plane, quelque chose en arrière-plan, un truc qui un beau jour, pourrait bien ressurgir, réapparaître sur le devant de la scène. C’est un autre déni, une autre vérité tue. Un autre truc caché derrière les sourires et la bonne humeur, derrière l’impression que tout va bien. Son couple bat de l’aile, son couple pourrait aller bien, mais elle est celle qui fiche tout en l’air – tout en même temps qu’elle ne parvient pas à se résoudre à le laisser s’en aller. Sans doute qu’elle est trop possessive, ou trop coincée dans le passé – elle garde en tête, comme dans le cœur, tous les souvenirs de cette romance qui remonte à loin, dans le temps. Peut-être aussi y-a-t-il la peur terrifiante, nullement assumée, de se retrouver seule dans une vie qui lui paraît désormais trop compliquée. Parce qu’elle a beau se donner des airs, prétendre étouffer aux côtés de son époux qui a tendance à la surprotéger, elle est toujours fragile, vulnérable, Anissa. Seule, elle ne s’en sortirait peut-être pas. Quelque part, il est le dernier repère qui lui reste, la dernière attache. Et puis il y a Santiago, partie émergée de l’iceberg. Partie émergée du problème – mise en lumière seulement, par les récents événements. Source de sa frustration. De ses changements d’avis, de ses hésitations. De ses tendances lunatiques.

Peut-être est-ce pour cela que le déni est avec lui, plus important. C’est peut-être sa façon à elle de repousser ce qu’elle peut ressentir, très profondément, pas prête à se l’admettre – ni aujourd’hui, ni jamais. C’est en tout cas, sa façon à elle de le repousser lui, parce que c’est peut-être ce qu’elle fait toujours dès lors que ça compte de trop. Elle ne peut pas comprendre les dessous, elle ne peut pas comprendre ce qui la pousse à agir de cette façon. Elle ne peut pas comprendre, ça bouleverserait trop de choses – elle ne parvient déjà pas à s’adapter aux derniers changements de sa vie. Sa vie, elle est trop bancale désormais, et l’équilibre est trop dur à retrouver. Alors Anissa, elle se tait. Elle sourit grand, elle essaie de donner l’illusion d’une vague joie de vivre, d’un souffle de vie qui revient tranquillement. Elle donne l’illusion d’une force qui n’a pas disparu, d’une peine presque inexistante. Mais derrière la façade, il y a toujours la perte, le deuil, la douleur, les cœurs lacérés, l’éloignement, les flirts innocents frôlant pourtant l’adultère, l’incompréhension, et l’amitié qui se brise, peut-être. Elle ne sait pas ce qu’il se passe avec Santiago, peut-être que leur relation s’est voilée elle-aussi d’un déni, ou de non-dits. Elle a beau faire comme si de rien n’était, c’est ce qui la tourmente le plus – peut-être qu’en fin de compte, c’est la dernière chose qu’elle ne veut pas foutre en l’air, Anissa. Simplement, elle ne l’admet pas, parce qu’elle continue de faire son insupportable, son égocentrique, sa capricieuse, son insouciante. Peut-être que c’est tout ce qu’elle a trouvé pour attirer son attention, pour le pousser à mettre le doigt sur ce qui ne va pas – pour le pousser à comprendre, ce qu’elle-même ne comprend pas. Il y aurait pourtant eu d’autres moyens de le faire, mais elle ne réfléchit pas. C’est peut-être la preuve que c’est trop complexe, que ça la dépasse, ou qu’elle est juste indécise, coincée entre deux possibilités, qui ne pourront jamais coïncider. Alors elle attend, elle ne sait trop quoi, Anissa. Elle fout en l’air sa plus vieille, plus importante amitié, tout en même temps qu’elle fout en l’air son couple – à ce rythme, peut-être bien qu’elle se retrouvera toute seule, et elle ne pourra plus s’en prendre qu’à elle-même. Elle n’agit pourtant pas de la même façon avec Emrys ; peut-être parce que leur relation, leur amitié, est dénuée d’ambiguïté. « Hm. On a tous les deux connu des jours meilleurs. » Elle lâche un rire, pour atténuer l’importance de cette vérité – pour atténuer le sens des mots qu’elle vient de prononcer. C’est toujours sa tendance à sourire quoiqu’il arrive, qui refait surface. Rire pour détendre l’atmosphère, alors, ce n’est qu’un moyen de défense, de protection pour son cœur qui se meurt. Ils ont connu des jours meilleurs, des jours plus beaux, pour ne pas dire qu’ils vont mal, à croire que la litote guide sa vie, tant elle est douée pour l’utiliser, peu importe ce qu’il se passe. Euphémisme pour oublier les peines qui ont coulé dans son cœur jusqu’à le menacer de noyade, pour oublier la noirceur qui emplie leurs âmes, le spleen qui a élu domicile dans chacun de leurs organes, jusqu’à ne faire plus qu’un avec leurs corps. Ils ont connu des jours meilleurs, et déjà c’est une façon d’admettre que ça ne va pas, sans demander directement, précisément, la raison de cet état. Ça viendra plus tard, ils ont le temps pour ça – du moins, elle le croit, Anissa. « Désolée. » qu’elle dit, tout doucement, presque tout bas, d’une voix mal assurée, ou simplement gênée. Elle demande si rarement pardon ces temps-ci, Nissa, pour son comportement. Pas aux autres en tout cas, parce que son ego estime qu’elle n’en a pas besoin. « Ouais, une nuit, c’est long. » qu’elle répète, distraitement, la voix pleine d’une mélancolie qu’au début, elle parvenait à réprimer. Peut-être qu’elle finit, en fin de compte, par se laisser aller. « T’as déjà eu l’impression… que la nuit, tout est possible ? Que la nuit, rien n’est réel. Que rien ne compte. » Parce que la nuit, les gens dorment, la plupart du temps. Et elle, c’est le moment qu’elle choisit pour sortir, pour être une autre. Comme si la nuit, elle pouvait être à l’abri des regards. « J’fais toujours n’importe quoi, la nuit. » Elle le confesse, enfin. Elle a refusé de l’admettre face à Santiago, Santiago qui s’acharne à tenter de lui faire comprendre que ce qu’elle fait, ce n’est pas bien. Flirter avec des hommes pour passer le temps, pour s’amuser, puis les jeter au dernier moment – avant de commettre l’irréparable, avant de ne plus pouvoir revenir en arrière. S’il savait, Santiago, comme elle le sait. Elle sait juste plus quoi faire, pour arrêter. La noirceur fait partie d’elle, peut-être, désormais.


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MessageSujet: Re: my nerves, they give me a sign, tell me i'm not fine (emrys)   Mer 10 Oct - 11:26

Emrys et l'expression de ses sentiments –autre que sa convivialité spontanée, sa bonne humeur habituelle ou l'expression de sa bienveillance naturelle à l'égard de ses proches– c'était compliqué. Il n'avait pas l'habitude d'exprimer ce genre d'émotions troublantes, comme la peur, la douleur ou juste de répondre à quelqu'un que non, il n'allait pas bien, et qu'il aurait bien besoin d'un peu de soutien ou de réconfort. C'était compliqué, parce qu'on lui avait appris dès son plus jeune âge qu'un homme, ça ne pleurait pas, qu'un homme devait être fort, courageux, ne pas montrer de faiblesses. Quasiment tout le monde dans son enfance lui avait ressorti ces concepts dès qu'il montrait des signes d'instabilité : son père surtout, c'était peut-être un moyen, plus lâche qu'un autre, de faire face à l'accident de sa femme et à la solitude qui allait suivre et lui coller à la peau pendant tout le reste de son existence. Il s'y était enfermé tout seul, dans sa bulle de solitude et d'amertume, tandis que son propre fils lui tendait la main, lui offrait son aide avec la naïveté d'un enfant qui voudrait juste que tout le monde puisse être heureux, alors que c'est bien l'inverse qui aurait dû se produire. Le rôle d'un parent, c'est de veiller sur son enfant, de le protéger, l'éduquer et le soutenir, pas vrai ? Mais son connard de père l'avait rejeté avec tant de violence et de venin dans la voix, lui hurlant qu'il ferait mieux d'arrêter de pleurer tout de suite et de le laisser tranquille, qu'Emrys n'avait plus jamais osé le regarder dans les yeux. Il faisait tout son possible pour l'éviter malgré le fait qu'ils vivaient sous le même toit, et en appelait à la générosité de ses voisins et des parents de ses amis pour l'aider à faire ses devoirs par exemple. Au moins, grandir avec un tel déchet lui avait forgé ce caractère débrouillard et indépendant qu'il ne regrettait pas de posséder aujourd'hui. Dans un monde pareil et dans un domaine comme le sien, il valait mieux de pas trop s'appuyer sur les autres, ne pas faire trop confiance, trop vite, rester méfiant, tout le temps. D'ailleurs, le jeune homme ne serait jamais arrivé jusque-là s'il ne s'était pas battu comme il l'avait fait, et s'il avait prêté trop d'attention aux remarques des autres qui avaient toujours un mot de plus à dire –surtout son père, encore une fois. Alors oui, il ne s'identifiait plus aussi bien qu'avant à son boulot, mais il n'avait plus à être dépendant de qui que ce soit pour avancer. Enfin, c'est ce qu'il aimait se dire. Si professionnellement parlant, il était parfaitement capable de travailler tout seul, dans sa vie privée, c'était une autre histoire. Certes, contrairement à certains et peut-être beaucoup de monde Emrys n'était pas timide et n'avait jamais ressenti aucune angoisse à l'idée d'aller vers les autres, mais c'était parfois une sorte de cadeau empoisonné. Parce qu'à force de faire passer les problèmes des autres avant les siens, il laissait de côté ses propres ressentis et les rangeait machinalement dans un coin de son esprit, jusqu'à faire renaître ce côté sombre de soi-même auquel on aimerait ne jamais se confronter. Quand on lui demandait, Emrys répondait toujours "ça va", alors que des fois non, ça n'allait pas, mais vraiment pas du tout, mais les vieilles habitudes ont la vie dure, et puis qui était-il pour se plaindre ? Le vice-président d'un groupe automobile à la renommée internationale qui croulait sous l'argent et le luxe ? Avec un tel confort de vie, il n'avait pas le droit de se plaindre de quoi que ce soit, pas vrai ?
C'était pour cette raison qu'il aimait la compagnie d'Anissa. Parce que même si leurs conversations ne paraissaient peut-être pas, d'un point de vue extérieur, très amicales, ils savaient tout aussi bien l'un que l'autre qu'ils n'avaient pas besoin de longues phrases à rallonge pour se comprendre. Quelques mots, un regard, un geste suffisaient à faire passer un message, et c'était fascinant, leur façon de communiquer alors qu'ils ne se connaissaient pas depuis si longtemps que ça, au final. Peut-être parce qu'ils partageaient des choses qui n'étaient pas si différentes, un point commun quant à leur façon d'extérioriser la douleur. Ou plutôt la façon qu'ils avaient de tout garder en eux, de ne pas savoir comment l'exprimer même à un proche, malgré tous les risques encourus, des risques bêtes, des problèmes parfois si faciles à résoudre, mais ça bloquait. Et ça faisait mal, mais c'était comme un réflexe, un mécanisme de défense qui n'apportait pas solutions, mais qui n'ajoutait pas de poids supplémentaire à leur peine non plus. C'était plus facile et moins douloureux que d'avouer ouvertement quoi que ce soit.

Emrys répondit à sa remarque d'un petit sourire en coin. Le rire d'Anissa sonnait faux mais il ne releva pas pour autant. Il n'y avait rien de plus à ajouter après tout, c'était juste un constat, un petit pas en avant dans leur discussion nocturne. C'était déjà bien de se rendre compte qu'il y avait un problème quelque part et de le dire, même si c'était volontairement détourné pour adoucir un peu la vérité, ou ne pas trop en dévoiler d'un coup. Le passage éclair d'un serveur qui déposa leurs boissons sur la table les interrompit l'espace d'un court instant. Focalisé sur ce dernier qui reprenait déjà le chemin du bar au fond de la salle, il failli ne pas entendre la petite voix d'Anissa qui s'excusait. "C'est pas grave. Et puis, je suis désolé moi aussi." Désolé pour quoi ? De ne pas pouvoir plus l'aider ? De ne pas être la personne qu'il était habituellement, enjoué et rassurant, qui promettait que tout ira mieux bientôt ? Il ne pourrait pas, de toute façon. Ce serait se moquer ouvertement d'elle et de ses problèmes, parce qu'il sait que ce qu'elle traverse Anissa, c'est plus compliqué qu'il ne s'imagine. Que ça ne s'arrange pas avec des paroles qui ne veulent rien dire, et qu'il ignore sûrement beaucoup de choses. "Ouais… Je vois ce que tu veux dire." C'était un peu comme si le temps s'arrêtait. Les rues vides, le silence, lumières éteintes, les chats errants et les étoiles comme seuls témoins. On se sentait plus libre, moins observé, moins jugé, on pouvait sortir à visage découvert ou jouer un rôle. Emrys l'avait déjà fait un nombre incalculable de fois plusieurs années plus tôt, quand il sortait avec des amis plus ou moins proches jusqu'à l'aube, il se faisait passer pour ce garçon qui n'avait peur de rien ni personne, et tout le monde n'y voyait que du feu, c'était si facile. Il avait toujours été un excellent comédien. La nuit, il se délestait de tous ses problèmes, les noyait dans l'alcool ou la passion d'une nuit à deux. Il le faisait encore aujourd'hui, grâce à la musique, le temps d'un concert. C'était mieux, plus sain, moins douloureux le lendemain, il se créait des souvenirs qu'il n'oubliait pas à cause d'un trop plein de substances. "C'est comme si on était seuls au monde. On a l'impression de pouvoir faire tout ce qu'on veut, et qu'il n'y aura pas de conséquences." Comme si la nuit, toutes nos actions ne laissaient pas de traces. Peut-être que demain, ils auraient tous deux oublié ce qu'il se passerait ce soir. Bizarrement, tout ce qui pouvait avoir lieu quand la ville dormait semblait plus simple à enterrer, comme si ça n'était jamais arrivé, ou dans une sorte de dimension parallèle. "On fera n'importe quoi ensemble, alors."


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MessageSujet: Re: my nerves, they give me a sign, tell me i'm not fine (emrys)   Mar 16 Oct - 18:22


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La nuit, tout lui paraît facile. La nuit, elle se sent surtout plus libre. La nuit, peut-être qu’elle camoufle aussi les soucis – la nuit, c’est le déni. La nuit, elle se sent déconnectée de la réalité ; c’est comme si rien ne s’était passé, comme si la vie ne l’avait pas brisée, comme si rien ne pouvait l’ébranler, jamais. La nuit, c’est magique, c’est le meilleur amant qu’elle ait eu de sa vie ; la nuit, elle se sent protégée, de tout ce qui peut arriver. La nuit, elle n’efface rien pourtant, c’est aussi le moment de la journée où la douleur est aussi la plus intolérable. Ça dépend des jours, ça dépend des soirs, ça dépend de l’endroit – si elle est sortie, échappant à la compagnie de son mari, ou si elle restée chez elle, à broyer du noir en silence. La douleur, dans le fond, elle est toujours là, quoi qu’il arrive, où qu’elle soit ; la douleur, elle n’y échappe pas, Anissa. Elle a juste appris à vivre avec, ou appris à survivre, tout est relatif. La nuit, tout est plus simple quand même, dès lors qu’elle peut fuir le domicile conjugal. Il la laisse faire, Jeffrey, de toute façon ce n’est pas comme si elle lui laissait le choix. Elle sort, trop souvent, sans se chercher d’excuses ; douée pour organiser des rencontres dans le cadre de son travail à ce moment-là, ou douée pour s’organiser une virée dans les bars avec quelques amis. Si vraiment elle n’arrive pas à prévoir quoi que ce soit, elle pourra toujours aller voir Santiago ; il est, quoi qu’elle en dise, sa bouffée d’air frais – en dépit des temps compliqués qu’ils peuvent également, tous deux, traverser. Parce qu’elle détruit tout sur son passage, Anissa, repoussant ceux qui l’aiment, repoussant ceux qu’elle aime, et les blessant à son tour, comme s’ils n’avaient pas d’autres peines à gérer. Santiago, il a Neva, partie, envolée, qui crée un vide dans son cœur depuis son décès ; Jeffrey, il a elle, Nissa, qui s’éparpille et se fracasse au moindre obstacle, et puis il a aussi ce bébé qu’ils ont perdu tous les deux, et ce, même si elle semble considérer être la seule à pouvoir en pleurer. Elle est injuste, elle est infernale, inarrêtable ; elle part en vrille, elle frise la folie, et elle réduit à néant tous leurs efforts pour l’en sortir. Peut-être qu’elle aime trop sa douleur et sa noirceur, Anissa, pour tenter quoi que ce soit pour s’en défaire – peut-être qu’aujourd’hui, c’est tout ce à quoi elle est familière, coutumière du fait qu’elle souffrira autant quand elle se lèvera, que quand elle se couchera. Simplement, elle n’essaie pas, parce que l’envie de lutter l’a quittée, comme la force, comme l’espoir, comme tout ce qui la maintenait debout, tout ce qui aujourd’hui, la pousse à sortir dès qu’elle en a l’occasion – pour oublier temporairement, pour oublier sans oublier vraiment. Anissa, tout simplement, elle a abandonné, quitte à paraître lâche, quitte à paraître faible. Elle a baissé les bras, elle a cédé face à la vie, lui laissant la possibilité de l’achever plus encore. Peut-être que c’est ça, peut-être qu’inconsciemment, elle se laisse tout simplement couler. Elle pourrait être optimiste, tenter de se relever, se trouver de nouveaux projets, envisager même d’essayer à nouveau d’avoir un bébé, mais tout est trop compliqué. L’envie de maternité, elle n’a pas disparu ; l’envie de la concrétiser avec Jeffrey, elle, paraît s’être envolée. Elle ne sait pas pourquoi, elle ne sait pas comment l’expliquer, peut-être que c’est juste qu’elle est comme ça, Anissa, à repousser les autres quand ça ne va pas. Mais elle ne sait pas, elle a l’impression d’un avant, d’un après. Y’a pas de raisons, pas d’explications, elle en vient à appréhender qu’il puisse vouloir la toucher, quand elle, elle ne veut plus, elle n’en a plus envie. Plus envie de lui, dans son lit, peut-être dans sa vie ; et pourtant, dès lors que Santiago lui a balancé qu’elle devait peut-être divorcer, l’idée l’a fait paniquer. Peut-être y a-t-il encore un semblant d’amour, un éclair de lucidité, peut-être y a-t-il, surtout, l’envie de ne pas se planter. Son mariage, c’était sa réussite ; mais elle a déjà perdu son père, son admiration, le bébé qu’elle attendait et avec ça, tout objectif, tout projet futur. Mettre un terme à son mariage, ce serait la fin de tout – elle croit qu’elle n’aurait plus grand-chose, à quoi se raccrocher. Peut-être est-ce pour ça qu’en dépit de ses conneries, elle est pas capable de divorcer.

Et puis elle croit que ses sentiments n’ont pas changé – est-ce que sa fausse couche aurait pu mettre un terme à son amour ? Ou alors, c’est elle, qui a tout effacé, parce qu’elle n’a pas su gérer la perte, le deuil, le vide. Les choses se sont accumulées, mais au lieu d’en faire part à Jeffrey, elle a tout gardé, tout conservé, à l’intérieur d’elle-même. Elle a tout gardé pour elle, elle n’a rien partagé, faisant fi de ses vœux de mariage, de ses promesses passées – ils auraient dû pouvoir s’épauler, elle a décidé pourtant de tout gérer seule. Et voilà où elle en est, à présent, Anissa. Peut-être est-ce trop tard, peut-être que ce n’est plus, maintenant, qu’une question de temps. Elle a fichu en l’air son mariage, sans trop empêcher sa fin, l’encourageant même inconsciemment, en fuyant. Et quand elle se retrouvera toute seule, elle ne pourra s’en prendre qu’à elle-même ; et quand elle se retrouvera toute seule, elle paiera enfin le prix de ses erreurs, de ses débordements, de son comportement égoïste et insouciant. Peut-être qu’Emrys aussi, à un moment ou l’autre, il regrettera de s’être trouvé sur son passage – peut-être que la blonde, elle est adorable au début, mais qu’à un moment ou l’autre, il faut qu’elle vienne tout gâcher. Comme une désespérée, folle à lier. « Pourquoi es-tu désolé ? » Elle est sage pourtant, ce soir, agréable, presque souriante – bien loin de l’Anissa que Santiago était venue chercher l’autre fois, un peu éméchée, cruellement désespérée. Elle n’a pas envie de faire d’excès, pas envie de se mettre la tête à l’envers, pas envie de faire n’importe quoi. Il arrive que l’Anissa qu’elle était, qu’elle est toujours, quelque part sous les diverses épaisseurs de douleur, lui manque ; il arrive qu’elle aspire à retrouver sa naturelle douceur. Naturelle, elle l’est ce soir ; elle n’est plus dans le besoin excessif d’être au centre de l’attention, elle n’est plus là à chercher par tous les moyens à être au centre du monde, de Santiago notamment. Naturelle, sobre, elle s’inquiète, elle se soucie – alors elle se demande, de quoi il peut bien être désolé, Emrys. Elle le demande, en amie, avec sincérité – de cette sincérité qui, ces derniers temps, avec d’autres, venait à lui manquer. « Oui, c’est exactement ça. » C’est bien pour ça qu’elle, la nuit, elle fait n’importe quoi. Première fois qu’elle l’admet à voix haute, première fois qu’elle l’admet tout court. Santiago, il n’aura même pas tiré d’elle pareille confession. Avec Santiago, c’est compliqué, ces derniers temps – plus vraiment, comme avant. Peut-être est-ce parce qu’elle s’est éloignée, parce qu’elle s’est perdue, parce qu’elle perd aussi l’esprit. Peut-être est-ce parce qu’elle a volontairement mis quelque chose entre eux, taisant ses troubles et ses tourments, ne se confiant plus comme avant. Elle sait pas, elle essaie pas de comprendre ; ça demande trop d’efforts. Elle préfère boire, le plus souvent – comme ce soir, même si elle n’entend pas se retourner la tête. Pas ce soir, pas encore une fois. Sans doute qu’elle trouvera une autre occasion, qu’elle le refera. « C’est un autre monde. » Un autre monde où tout ne va pas bien, mais où il est plus facile de le prétendre, en tout cas. De faire, comme si tout allait bien. Comme si l’on ne souffrait pas. On se cache du monde, de la réalité, de la vie, du jour et puis de la lumière, aussi. « Ouais. On pourrait lever nos verres à ça. » A nouveau, elle lâche un rire. Même si ce n’est pas particulièrement drôle – la mélancolie est perceptible dans ses mots, sans qu’elle soit capable de la réprimer. Il n’empêche que leurs verres sont arrivés, et que pour l’instant, ils n’y ont pas touché. « Wow, d’habitude je ne tiens pas deux secondes après qu’on m’ait servie, je bats des records. » Autodérision et rire, à nouveau – pour détendre l’atmosphère peut-être, quoi que ce soit une vérité criante, un aveu qui n’est pas dénué de significations. Parce qu’elle sait plus dire les choses directement, Anissa. Oui, d’habitude, pour boire, elle n’attend pas – d’habitude, elle s’empresse de vouloir oublier. Faut croire que ce soir, malgré tout, inconsciemment, elle se veut plus mesurée. Peut-être est-ce Emrys, qui sur elle, a cet effet. De la calmer.


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